Ils promettent de repousser la fatigue, de prolonger la fête ou de procurer rapidement une sensation de bien-être. Pourtant, la consommation excessive de boissons énergisantes, de liqueurs artisanales non contrôlées, de substances diverses et de médicaments psychoactifs détournés expose à des conséquences qui apparaissent souvent bien après la disparition de l’effet recherché.
Dans un communiqué rendu public le 5 août, le ministère chargé de la Santé alerte sur la banalisation de pratiques devenues préoccupantes, notamment chez les jeunes. Leur danger tient autant à la nature des produits consommés qu’aux mélanges, aux doses répétées et à l’absence de tout encadrement médical ou sanitaire.
Derrière l’impression momentanée d’énergie, d’ivresse ou de soulagement, l’organisme accumule en effet une dette silencieuse. Le cœur, le foie, les reins et le cerveau peuvent être progressivement fragilisés, tandis que les risques de dépendance et de maladies chroniques augmentent.
Une consommation privée aux conséquences collectives
Ces habitudes sont souvent perçues comme relevant du seul choix individuel. Mais leurs effets dépassent rapidement le consommateur.
Lorsque surviennent la maladie, la dépendance ou l’incapacité de travailler, les familles doivent supporter les dépenses de soins, la perte de revenus et parfois une prise en charge prolongée. Le système sanitaire, de son côté, doit mobiliser davantage de ressources pour traiter des pathologies qui auraient pu être évitées ou retardées.
C’est dans ce sens que le ministre de la Santé, Jean-Marie Koffi Tessi, présente la préservation de la santé comme une responsabilité dépassant la sphère personnelle. Prendre soin de soi revient aussi à protéger ses proches et à réduire la pression exercée sur les structures de soins.
La prévention avant l’urgence
Le ministère recommande notamment de privilégier l’eau pour l’hydratation, de pratiquer régulièrement une activité physique et d’adopter une alimentation moins riche en sucre, en sel et en matières grasses. Il insiste également sur la consommation de fruits et de légumes locaux.
L’appel porte surtout sur l’usage de substances nocives et de médicaments psychoactifs en dehors de toute prescription. Parce qu’ils sont accessibles ou familiers, certains produits peuvent donner l’illusion d’être sans danger. Leur détournement ou leur association avec l’alcool et d’autres stimulants peut pourtant accroître considérablement les risques.
La question ne se limite donc pas à interdire ou à culpabiliser. Elle suppose une information plus accessible, un contrôle renforcé des boissons artisanales mises sur le marché et une meilleure sensibilisation aux effets des mélanges.
La prévention commence précisément lorsque ces consommations sont encore considérées comme anodines. Car derrière l’effet immédiat se prépare parfois une facture sanitaire, familiale et sociale beaucoup plus lourde.
La Rédaction
Source : Communiqué du ministère chargé de la Santé, publié le 5 août 2026.

