Pour doubler le PIB par habitant et ramener la pauvreté sous le seuil de 15 % à l’horizon 2040, le Togo veut faire de l’investissement privé le principal moteur de sa transformation économique. Cette ambition impose toutefois un nouvel équilibre : davantage d’engagements de la part des entreprises, mais aussi un environnement plus favorable à la production, au financement et à la création d’emplois.
Le dialogue engagé au cours de l’atelier national d’échanges, présidé au nom du Président du Conseil par le Dr Sandra Ablamba Johnson, ministre, secrétaire général de la Présidence du Conseil, entre le gouvernement et les acteurs économiques ne porte plus seulement sur l’amélioration générale du climat des affaires. Il touche désormais à une question plus décisive : comment orienter davantage de capitaux vers les activités capables de transformer durablement l’économie togolaise ?
Réunis fin juillet à Lomé, représentants de l’État, dirigeants d’entreprises et partenaires financiers ont examiné les conditions nécessaires à une participation plus forte du secteur privé à la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 et à la Vision Togo 2040.

Passer des intentions aux capacités de production
L’investissement productif se distingue des placements à court terme ou des activités essentiellement commerciales. Il finance des usines, des infrastructures, des équipements, des technologies et des services susceptibles d’accroître la production nationale et de créer des emplois durables.
Au Togo, les priorités identifiées concernent notamment l’industrie, l’agro-industrie, l’énergie, la logistique, le transport, le numérique et les services à forte valeur ajoutée.
Le président de l’Association des grandes entreprises du Togo, Charles Kokouvi Gafan, a réaffirmé la volonté des opérateurs économiques d’augmenter leurs engagements dans ces secteurs. Cette ambition devra toutefois se traduire par des projets effectivement financés, lancés et intégrés au tissu économique local.


L’État attendu sur les principaux verrous
Pour investir davantage, les entreprises demandent un environnement plus prévisible. L’accès au foncier, la disponibilité de l’énergie, le financement, la rapidité des procédures, la fiscalité et la sécurité juridique influencent directement leurs décisions.
Les progrès enregistrés dans la modernisation des formalités douanières et foncières, ainsi que le développement de la Plateforme industrielle d’Adétikopé, ont été présentés comme des acquis. Le stock d’investissements directs étrangers aurait progressé de 27,3 % en 2025, pour atteindre 2,063 milliards de dollars.
Ces résultats, qui renforcent l’attractivité du pays, ne suffisent pas à garantir une transformation structurelle. L’enjeu est désormais de retenir les capitaux, d’augmenter leur contenu local et de favoriser des investissements susceptibles d’entraîner des fournisseurs, des sous-traitants et des emplois togolais.

Un partage plus clair des responsabilités
Le gouvernement veut établir des engagements réciproques avec le secteur privé. Aux pouvoirs publics revient la responsabilité de lever les obstacles réglementaires et infrastructurels. Les entreprises sont, pour leur part, appelées à investir, innover, former leur personnel et contribuer davantage à l’élargissement de la base productive.
La Société financière internationale a confirmé sa disponibilité à accompagner cette dynamique. Les expériences du Maroc et de Maurice ont également été examinées pour comprendre comment une coopération plus structurée entre l’État et les entreprises peut accélérer l’industrialisation.
Le défi sera toutefois d’adapter ces modèles aux réalités togolaises plutôt que de les reproduire mécaniquement.

La Vision 2040 montre le chemin
La Vision 2040 se donne résolument les moyens de transformer de façon claire, visible et ambitieuse le Togo.
Sa réussite est l’affaire de tous, notamment des partenaires économiques, financiers et sociaux.
Les indicateurs seront visibles : nouvelles unités de production, emplois créés, valeur ajoutée locale, exportations plus diversifiées et amélioration de la productivité.
Le Togo cherche ainsi à faire évoluer son modèle de croissance. L’investissement public continuera de jouer un rôle important, mais il ne pourra porter seul les ambitions nationales. La prochaine étape consistera à vérifier si l’État et les entreprises parviennent réellement à construire le cadre de confiance, de responsabilité et de performance nécessaire au changement d’échelle attendu.
La Rédaction
Sources et références
- Présidence du Conseil.

