Le départ de l’ambassadeur de l’Union européenne, Gwilym Ceri Jones, marque la fin d’une mission diplomatique de deux ans. Mais au-delà du changement de représentant, c’est surtout l’évolution des relations entre Bruxelles et Lomé qui retient l’attention. Investissements, sécurité, énergie, agriculture et secteur privé : la coopération s’est élargie et gagne en profondeur.
Au moment où Gwilym Ceri Jones achève sa mission au Togo, le partenariat entre l’Union européenne et le pays apparaît plus structuré qu’il ne l’était à son arrivée. Reçu jeudi par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le diplomate a dressé un bilan qu’il qualifie de particulièrement positif, évoquant une coopération qui s’est renforcée tant par son ampleur que par la diversité des domaines concernés.
L’Union européenne demeure aujourd’hui l’un des principaux partenaires du Togo dans l’accompagnement de ses politiques de développement, avec des interventions qui dépassent désormais le seul appui institutionnel.
Des investissements tournés vers la transformation économique
Selon Gwilym Ceri Jones, les programmes de coopération connaissent une montée en puissance, portée notamment par un portefeuille d’investissements offrant d’importantes perspectives aux entreprises togolaises et européennes.
L’énergie, l’agriculture, le numérique, les infrastructures ou encore l’emploi figurent parmi les secteurs appelés à bénéficier de ce renforcement. Cette orientation traduit la volonté de Bruxelles d’accompagner davantage la transformation économique du pays en favorisant l’investissement productif et les partenariats avec le secteur privé.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du Document conjoint de programmation 2021-2027, à travers lequel l’Union européenne mobilise 201 millions d’euros pour soutenir les priorités de développement du Togo.
La sécurité devient un pilier de la coopération
Au fil des dernières années, la coopération ne s’est plus limitée aux enjeux économiques et sociaux. Les questions sécuritaires occupent désormais une place centrale dans les échanges entre Lomé et Bruxelles.
L’Union européenne a ainsi renforcé son appui aux Forces armées togolaises, aussi bien dans la lutte contre le terrorisme que dans le renforcement de la sécurité maritime.
Pour le diplomate européen, développement et sécurité demeurent étroitement liés. La stabilité constitue, selon lui, une condition indispensable à la réussite des politiques économiques, sociales et des investissements.
Une coopération appelée à se renforcer
Les financements européens restent concentrés autour de trois priorités : le développement humain et l’inclusion socio-économique, le développement d’agro-industries durables associées à une meilleure gestion des ressources naturelles, ainsi que le renforcement d’une gouvernance inclusive favorisant la résilience du pays.
Cette coopération a franchi une nouvelle étape en juin dernier avec le lancement, à Lomé, d’un mécanisme de coopération tripartite réunissant le gouvernement togolais, l’Équipe Europe et EuroCham Togo. Cette plateforme doit faciliter le dialogue avec les entreprises et encourager davantage d’investissements européens.
À travers cette évolution, les relations entre le Togo et l’Union européenne semblent entrer dans une phase davantage orientée vers les investissements, la compétitivité économique et la sécurité régionale. Le départ de Gwilym Ceri Jones intervient ainsi au moment où ce partenariat affiche des ambitions plus larges que la coopération traditionnelle au développement.
La Rédaction

