Dans plusieurs localités du nord du Togo, l’éloignement des centres de santé reste un facteur de risque majeur pour les femmes enceintes. Le programme « Deux heures pour la vie » entend réduire ces retards d’accès aux soins grâce à des moyens de transport adaptés, un meilleur approvisionnement des structures sanitaires et un renforcement des conditions d’accueil.
Dans les Savanes, une complication obstétricale peut rapidement devenir critique lorsque la patiente se trouve loin d’une formation sanitaire capable de la prendre en charge. Le temps de trajet, l’état des voies et l’absence de véhicules adaptés constituent encore des obstacles importants pour de nombreuses familles.
C’est à cette réalité que répond le projet « Deux heures pour la vie », mis en œuvre par le Fonds des Nations unies pour la population avec l’appui technique et financier de la firme pharmaceutique japonaise Takeda.
Le 13 juillet à Mango, dix ambulances tricycles ont été remises à plusieurs formations sanitaires de la région. Plus maniables que des véhicules classiques sur certaines pistes, elles doivent faciliter l’évacuation des femmes en travail vers les structures disposant des compétences nécessaires.
Une chaîne de soins renforcée
Les bénéficiaires sont les formations sanitaires de Biankouri, Kountoiré, Koundjouaré, Mango, Yenbour, Nagbéni et Sanfatoute. L’objectif est de réduire les délais de référence médicale et de limiter les décès évitables chez les mères et les nouveau-nés.
Le dispositif comprend également 63 cartons de kits de santé reproductive. Ce matériel doit améliorer la prise en charge des patientes, mais aussi soutenir les services confrontés à une demande accrue liée à l’accueil de réfugiés et de populations affectées par les conséquences de la crise sahélienne.
Au Centre hospitalier préfectoral de l’Oti, l’intervention a aussi permis l’installation d’un forage et d’un château d’eau. Dans une maternité, l’accès régulier à l’eau potable est indispensable à l’hygiène, à la prévention des infections et au bon fonctionnement des soins.
L’enjeu de la continuité
Pour l’UNFPA, le choix des Savanes répond aux contraintes géographiques et sociosanitaires propres à cette partie du pays. L’ambition est de faire en sorte que la distance ne condamne plus une femme confrontée à une urgence obstétricale.
La portée du programme dépendra toutefois de l’entretien des ambulances, du fonctionnement durable du système d’eau et du renouvellement des fournitures médicales. Les autorités locales se sont engagées à veiller à la préservation des équipements.
Au-delà de la remise de matériel, « Deux heures pour la vie » pose ainsi une question centrale : comment garantir, dans les territoires les plus éloignés, qu’une femme puisse rejoindre à temps un service de santé capable de sauver sa vie et celle de son enfant ?
La Rédaction

