À peine dix jours après avoir repris le contrôle d’Anefis, les forces armées maliennes ont de nouveau été prises pour cible dans le nord du pays. Une embuscade contre un convoi militaire près de Tabankort souligne la capacité des groupes armés à poursuivre leurs offensives malgré les succès récemment revendiqués par Bamako.
Une embuscade sur la route de Gao
Selon des sources militaires et sécuritaires, le convoi quittait la ville stratégique d’Anefis en direction de Gao lorsqu’il a été attaqué samedi matin à proximité de Tabankort.
Les affrontements se sont rapidement intensifiés. Des responsables sécuritaires évoquent de lourdes pertes dans les rangs de l’armée, sans communiquer de bilan officiel. De son côté, le Front de libération de l’Azawad (FLA) affirme avoir capturé plusieurs militaires, diffusant des images présentées comme celles de soldats faits prisonniers. Ces affirmations n’ont toutefois pas été confirmées par des sources indépendantes.
Une région au cœur des affrontements
L’attaque intervient dans une zone particulièrement sensible du nord malien. Le 4 juillet, Anefis avait été brièvement occupée par des combattants du Front de libération de l’Azawad, appuyés selon plusieurs sources par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda.
Après plusieurs jours de combats, l’armée malienne, épaulée par les paramilitaires russes de l’Africa Corps, avait repris le contrôle de la localité le 10 juillet. Selon le dernier bilan officiel, ces affrontements avaient coûté la vie à une trentaine de soldats et fait une soixantaine de blessés.
L’embuscade de Tabankort montre cependant que la reconquête d’un territoire ne signifie pas nécessairement sa sécurisation durable.
Une pression constante sur les forces maliennes
Depuis plusieurs mois, les groupes armés multiplient les attaques coordonnées contre les positions militaires et les axes de communication dans le nord et le centre du Mali. Leur stratégie consiste autant à infliger des pertes aux forces gouvernementales qu’à démontrer leur capacité à frapper des zones pourtant annoncées comme reprises.
Cette nouvelle attaque illustre également la complexité du conflit malien, où se côtoient groupes djihadistes et mouvements indépendantistes, dont les intérêts peuvent parfois converger face aux forces gouvernementales.
Une crise qui s’enracine
Treize ans après le début de l’insurrection de 2012, le Mali reste confronté à une crise sécuritaire persistante malgré les nombreuses opérations militaires menées par les autorités.
Les combats autour d’Anefis rappellent que le contrôle des principales villes ne suffit pas à garantir la stabilité d’une région où les groupes armés conservent une forte capacité de mobilité et d’action. Dans ce contexte, chaque avancée militaire demeure fragile et susceptible d’être remise en cause par de nouvelles offensives.
La Rédaction

