À l’occasion de la Journée de l’enfant africain, les enjeux liés à l’hygiène et à l’assainissement dans les écoles togolaises s’imposent comme un révélateur des inégalités persistantes dans l’accès aux services essentiels.
LOMÉ, 16 juin 2026 – Alors que le continent célèbre la Journée de l’enfant africain, le Togo remet en lumière une problématique centrale mais encore inachevée : l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement dans les établissements scolaires. Au-delà du symbole, cette journée agit comme un miroir des réalités quotidiennes auxquelles sont confrontés des milliers d’élèves.
Dans le Grand Lomé, la Ligue togolaise pour la protection de l’enfant (LTPE) a engagé une opération d’évaluation portant sur les infrastructures d’eau et d’hygiène dans 315 établissements scolaires. Une démarche de terrain qui vise à mesurer, de manière concrète, le niveau d’équipement des écoles et à identifier les principales insuffisances structurelles.
Des disparités persistantes dans les infrastructures scolaires
Les premières observations issues des inspections révèlent une situation contrastée selon les établissements. Certaines écoles disposent d’installations fonctionnelles, tandis que d’autres évoluent encore avec des systèmes insuffisants ou dégradés, notamment en matière d’accès à l’eau potable et de gestion des sanitaires.
Cette hétérogénéité met en évidence une réalité plus large : celle d’un système scolaire où les conditions d’apprentissage restent fortement dépendantes de la localisation géographique et du niveau d’investissement des infrastructures publiques.
L’hygiène scolaire, un enjeu de santé publique sous-estimé
Au-delà des infrastructures, la question de l’eau et de l’assainissement en milieu scolaire dépasse le seul cadre éducatif. Elle touche directement à la santé des enfants, à la prévention des maladies hydriques et à la réduction de l’absentéisme scolaire.
Dans plusieurs établissements, les insuffisances en matière d’hygiène continuent d’exposer les élèves à des risques évitables, tout en limitant la qualité globale de l’environnement d’apprentissage. Cette réalité renforce l’importance d’une approche intégrée, associant éducation, santé et politiques d’infrastructures.
Une journée internationale à forte portée symbolique

Instituée en mémoire des événements de Soweto en 1976 et officialisée au niveau continental en 1991 par l’Organisation de l’unité africaine devenue Union africaine, la Journée de l’enfant africain constitue chaque année un moment de réflexion sur les droits fondamentaux des enfants.
L’édition 2026 s’inscrit dans cette continuité, avec un accent particulier mis sur l’accès universel aux services essentiels, dont l’eau potable et l’assainissement, considérés comme des conditions indispensables à un développement harmonieux.
Vers une amélioration progressive des conditions d’apprentissage
L’initiative conduite dans le Grand Lomé s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des politiques de protection de l’enfance. L’identification des besoins sur le terrain doit permettre d’orienter les futures interventions en matière de réhabilitation et d’équipement des établissements scolaires.
À moyen terme, l’enjeu dépasse la simple mise à niveau des infrastructures. Il s’agit de garantir à chaque enfant un environnement scolaire digne, sécurisé et favorable à la réussite éducative, indépendamment de son lieu de résidence.
La Rédaction

