Depuis ce 13 juin 2026, les autorités sanitaires togolaises déploient une campagne de traitement de masse dans quatre régions stratégiques du pays. Objectif : briser la chaîne de transmission de pathologies endémiques qui hypothèquent le développement socio-économique des zones rurales.
LOMÉ, juin 2026 – Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa feuille de route sanitaire. Les régions des Savanes, de la Kara, Centrale et des Plateaux sont, depuis le 13 juin et jusqu’au 24 juin prochain, le théâtre d’une vaste campagne nationale de traitement de masse (CTM). Cette opération d’envergure cible trois maladies tropicales négligées (MTN) qui continuent de sévir de manière endémique au sein des communautés les plus vulnérables.
Pour maximiser l’impact de cette réponse, le ministère de la Santé mise sur une stratégie de dispensation communautaire. Des équipes d’agents de santé et de relais communautaires sillonnent le terrain selon une approche de porte-à-porte, garantissant une couverture thérapeutique optimale. Si l’ensemble de la population des zones à risque est concerné, une attention particulière est accordée aux enfants de 5 à 14 ans, principale tranche d’âge exposée aux conséquences sanitaires de ces pathologies.
Un triptyque thérapeutique pour une stratégie intégrée
La spécificité de cette campagne réside dans la co-administration de trois molécules de référence, permettant de traiter simultanément plusieurs affections et de rationaliser les coûts logistiques :
L’Albendazole est administré pour lutter contre les géohelminthiases, notamment les vers intestinaux.
Le Praziquantel est utilisé dans le traitement de la schistosomiase, encore appelée bilharziose.
L’Ivermectine constitue l’outil thérapeutique central contre l’onchocercose, connue sous le nom de cécité des rivières.
Cette approche intégrée permet de réduire significativement la charge parasitaire globale des populations et de prévenir les complications cliniques irréversibles à long terme.
Des pathologies de la précarité aux lourdes conséquences sanitaires
À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que les maladies tropicales négligées affectent plus de 1,6 milliard de personnes, principalement dans les régions où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste limité.
Au Togo, leur impact dépasse le cadre strictement médical pour devenir un frein structurel au développement. La bilharziose entraîne des atteintes chroniques des appareils urinaire et digestif. L’onchocercose demeure l’une des principales causes de cécité évitable en Afrique. Les parasitoses intestinales, souvent sous-estimées, contribuent à la malnutrition, à l’anémie et aux retards de développement chez l’enfant.
La prévention de masse comme levier de santé publique
Longtemps considérées comme « négligées » en raison d’une faible attractivité financière, ces pathologies font aujourd’hui l’objet de stratégies de prévention renforcées. Les campagnes de chimioprévention de masse figurent parmi les interventions de santé publique les plus efficientes en termes de coût et d’impact sanitaire.
En engageant cette opération synchronisée, le Togo poursuit son ambition d’éliminer durablement ces maladies endémiques à l’horizon de la prochaine décennie, en cohérence avec les orientations de l’Organisation mondiale de la santé.
La Rédaction

