Penser qu’Aného n’est qu’un paisible sanctuaire colonial ou une cité menacée par l’érosion est une grave erreur de lecture. Sous l’impulsion d’une gouvernance locale ultra-dynamique, la commune des Lacs 1 opère la mutation urbaine et culturelle la plus audacieuse du Togo. Voyage au cœur d’une ville-laboratoire qui réinvente son histoire pour dessiner l’Afrique de demain.
Par sa position géographique unique, entre l’océan Atlantique et le système lagunaire, Aného a toujours eu un destin à part. Mais depuis quelques années, ce n’est plus seulement sa géographie qui fascine, c’est son audace administrative, économique, sociale, culturelle et environnementale. Loin de s’endormir sur les lauriers de ses trois siècles d’existence, l’ancienne capitale togolaise s’est transformée en un chantier permanent d’innovation territoriale, de diplomatie décentralisée et de transition écologique.

Ce qui frappe aujourd’hui à Aného, ce n’est pas uniquement l’ampleur des projets, mais la cohérence d’une vision municipale structurée. La ville ne cherche plus simplement à préserver son passé ; elle tente de convertir son héritage historique en moteur économique, culturel et environnemental. Dans un Togo où de nombreuses collectivités territoriales cherchent encore leur modèle de développement, la commune des Lacs 1 impose progressivement une nouvelle grammaire de la gouvernance locale : plus managériale, plus ouverte sur l’international et surtout plus ancrée dans les réalités du terrain.
Un musée à ciel ouvert relancé par l’industrie créative

À Aného, le patrimoine n’est pas une relique poussiéreuse : c’est un levier de croissance économique. La municipalité a compris que l’identité culturelle de la ville était sa plus grande richesse. Cette vision se matérialise par des projets d’envergure internationale, à l’instar du grand projet du Musée des Trônes et des Divinités Noires, conçu pour être le phare mémoriel de la sous-région.
Cette ambition s’incarne déjà au quotidien. Récemment, l’inauguration de la Maison du Tourisme des Lacs 1, nichée dans la Villa Agbodjan restaurée, a marqué un tournant dans la professionnalisation de l’accueil touristique. Dans les rues, la métamorphose est visible : des fresques monumentales et des interventions artistiques contemporaines transforment l’espace urbain en galerie vivante, où dialoguent héritage afro-brésilien et création contemporaine.
Cette dynamique patrimoniale s’appuie également sur une reconnaissance internationale en construction. Le site d’Aného-Glidji demeure inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO et poursuit son processus d’évaluation. En 2026, aucune inscription définitive n’a encore été actée, mais la dynamique institutionnelle et scientifique autour du site reste active et structurée, portée par les autorités togolaises et les acteurs culturels locaux.
Le potentiel patrimonial est considérable : architecture afro-brésilienne, héritage colonial, spiritualités traditionnelles, sanctuaires vivants et urbanisme lagunaire composent un ensemble rare en Afrique de l’Ouest.
Une diplomatie décentralisée devenue marque de fabrique

Maire de la commune des Lacs 1, à Aného au Togo.
La transformation d’Aného n’est pas née du hasard. Elle repose sur une stratégie méthodique de partenariats internationaux portée par l’exécutif communal des Lacs 1 et incarnée politiquement par Alexis Coffi Aquereburu. Réélu à la tête de la municipalité, il s’impose comme l’un des principaux artisans de cette modernisation territoriale, combinant vision stratégique, attractivité culturelle et gouvernance de proximité.
Autour de lui, l’équipe municipale joue un rôle opérationnel central dans la mise en œuvre des projets. La ministre Secrétaire générale de la Présidence du Conseil Sandra Ablamba Johnson, conseillère municipale, occupe une position charnière entre les dynamiques locales et les politiques nationales. Elle intervient régulièrement dans des initiatives sociales et de développement communautaire, tout en assumant des fonctions nationales de haut niveau liées au climat des affaires et à la coordination gouvernementale.

Ministre et Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, conseillère municipale, au croisement des enjeux locaux et nationaux.
La gouvernance locale s’appuie également sur Kangni Agbélenko Akouete, adjoint au maire, ainsi que sur les conseillers municipaux Nicoué Kokou Kouete et Kalé Akue-Adote, impliqués dans le suivi des politiques publiques, la coordination des projets de terrain et la gestion des priorités locales.

Adjoint au maire, acteur de la gouvernance locale.
Cette équipe a permis à Aného de devenir une référence en matière de diplomatie territoriale. Le partenariat avec le Département des Yvelines en France illustre cette approche : modernisation de l’état civil, amélioration des infrastructures, renforcement des capacités administratives et soutien aux services publics.
En parallèle, les coopérations avec l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), la GIZ allemande et d’autres partenaires techniques renforcent la position d’Aného comme ville-pilote du développement local en Afrique de l’Ouest.
Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique nationale plus large au Togo, où les collectivités locales tendent à devenir des acteurs structurants du développement territorial. Aného, toutefois, se distingue par la cohérence et l’intensité de sa transformation.
La transition verte comme projet territorial majeur

Une initiative locale mobilise les acteurs autour d’un objectif commun de développement durable et de protection de l’environnement.
Face aux défis climatiques, la municipalité a fait le choix d’une réponse structurée et proactive. L’écologie n’y est pas un slogan, mais un axe de gouvernance.
La forêt urbaine de Boka constitue l’un des projets les plus emblématiques : 14 000 m² d’espace écologique intégrant reboisement, biodiversité et écotourisme. Sa conception a été réalisée en concertation avec les autorités traditionnelles de Glidji, Lolan et Adjigo, illustrant une articulation rare entre modernité administrative et légitimité coutumière.

Espace vert multifonctionnel de la commune des Lacs 1, s’étendant sur environ 14 000 m² et combinant plusieurs usages écologiques et communautaires.
Au-delà de ce projet phare, la ville développe des initiatives autour de la gestion des déchets, de la valorisation des boues de vidange et de l’éducation environnementale. Les écoles et les associations locales participent activement à cette transition, renforçant progressivement une culture éco-citoyenne.
La lagune, longtemps marginalisée, est progressivement réintégrée dans la stratégie urbaine. Elle redevient un espace écologique structurant et un élément central de l’identité d’Aného.

Des toilettes écologiques déployées pour améliorer les conditions sanitaires des ménages.
Une ville qui transforme son héritage en avenir

Visite du ministre français délégué Jean-Noël Barrot au site du Musée d’Histoire, du Vodou et des Arts (MHiVAA), dans le cadre d’un partenariat culturel au Togo.
Aného porte encore les traces de son histoire : ancienne capitale, carrefour commercial, cité afro-brésilienne et espace colonial stratifié. Mais elle refuse désormais d’être enfermée dans un récit de déclin ou de nostalgie.
La ville assume ses fragilités — érosion côtière, pression urbaine, vulnérabilité patrimoniale — tout en affirmant une ambition claire : devenir un modèle de transformation urbaine en Afrique de l’Ouest.
Ce qui se joue à Aného dépasse le cadre local. C’est l’expérimentation d’une nouvelle forme de ville africaine, où le patrimoine devient capital économique, où la gouvernance locale s’internationalise et où la transition écologique devient une stratégie de survie et de projection.
Ce qui se joue à Aného, c’est un passé qui se conjugue au présent, lequel présent instruit le futur pour subjuguer l’histoire.
Dans cette trajectoire, Aného ne se contente plus d’être un témoin de l’histoire. Elle tente d’en devenir un acteur actif, un laboratoire magnifique de ses grands chercheurs visionnaires que sont le maire Alexis Aquéréburu, Sandra Johnson et toute l’équipe municipale.
La Rédaction

