Décidée à compter du 18 mai, la mesure s’inscrit dans une stratégie de renforcement de l’intégration africaine et de positionnement du Togo comme plateforme régionale de mobilité et d’affaires, alors que les lenteurs frontalières et les obstacles à la circulation des personnes et des échanges ont été publiquement pointés lors du forum Biashara Afrika 2026 à Lomé.
Le Togo supprime désormais l’obligation de visa d’entrée pour l’ensemble des ressortissants africains détenteurs d’un passeport national valide. L’annonce a été faite le 18 mai par le ministre de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba, à travers un communiqué officiel.
La mesure, applicable immédiatement, autorise des séjours allant jusqu’à trente jours sur le territoire togolais sans visa préalable.
Cette décision intervient dans un contexte particulier, marqué par l’ouverture à Lomé du forum continental Biashara Afrika 2026 consacré à la Zone de libre-échange continentale africaine(ZLECAf).
Des critiques sur les lenteurs frontalières au cœur des débats
Lors de son discours d’ouverture du forum, le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a reconnu que les coûts logistiques africains demeuraient « parmi les plus élevés du monde » et que les barrières non tarifaires continuaient de freiner les échanges sur le continent.
Le dirigeant togolais a également souligné que l’intégration africaine ne pouvait se limiter aux accords politiques, mais devait se construire concrètement « dans les ports, dans les corridors logistiques, dans les systèmes de paiement, dans les infrastructures énergétiques et numériques » ainsi que dans la capacité réelle des entreprises africaines à commercer plus facilement entre elles.
Évoquant les difficultés observées aux frontières régionales, il a publiquement demandé au ministre de la Sécurité de « régler sous 48 heures cette anomalie » signalée par plusieurs participants, notamment des représentants nigérians et la direction d’Afreximbank.
Quelques heures plus tard, le communiqué annonçant l’exemption de visa était rendu public. « Aussitôt dit, aussitôt fait », observent déjà plusieurs acteurs économiques présents au forum.
Une décision présentée comme un levier d’intégration africaine
Selon les autorités togolaises, cette réforme traduit une volonté de renforcer la libre circulation des personnes et de soutenir les dynamiques d’intégration continentale.
Le gouvernement met également en avant l’objectif de consolider l’attractivité économique du pays et de renforcer son rôle de plateforme régionale de services, de commerce et d’échanges.
Dans le contexte de la ZLECAf, les autorités considèrent désormais la mobilité régionale comme un enjeu stratégique pour fluidifier les échanges commerciaux et stimuler les investissements intra-africains.
Une exemption encadrée par des formalités sécuritaires
Les autorités précisent toutefois que la suppression du visa ne dispense pas les voyageurs des exigences liées à la sécurité, à l’immigration et à la santé publique.
Les passagers concernés devront continuer à effectuer une déclaration préalable de voyage sur la Lien vers la plateforme gouvernementale dédiée au moins vingt-quatre (24) heures avant leur arrivée sur le territoire togolais.
Cette procédure numérique, maintenue par les autorités, doit être réalisée au moins vingt-quatre heures avant l’entrée dans le pays afin d’obtenir un bordereau de voyage exigé aux postes frontaliers.
Le Togo veut consolider son rôle de hub régional
À travers cette mesure, le Togo cherche également à renforcer son positionnement comme plateforme logistique et commerciale régionale.
Depuis plusieurs années, le pays multiplie les initiatives visant à améliorer la connectivité régionale, la fluidité des échanges et l’attractivité du territoire pour les investisseurs et les opérateurs économiques.
La suppression des visas pour les ressortissants africains apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans cette stratégie d’ouverture continentale et de diplomatie économique régionale.
La Rédaction

