La question des licenciements économiques revient au centre du débat social au Togo. La Synergie des travailleurs du Togo dénonce une multiplication de cas dans plusieurs entreprises et met en cause certaines dispositions du Code du travail en vigueur depuis 2021, qu’elle juge insuffisamment protectrices pour les salariés.
Un contrôle jugé affaibli sur les motifs économiques
Selon la secrétaire générale de la STT, Nadou Lawson, le cœur du problème réside dans l’évolution du rôle de l’administration du travail. Avant la réforme de 2021, l’inspection du travail disposait de la possibilité de vérifier, y compris avec l’appui d’experts, la réalité des motifs économiques invoqués par les employeurs pour justifier des licenciements.
Cette capacité de contrôle préalable aurait été réduite avec le nouveau cadre juridique, ouvrant selon la centrale syndicale la voie à des décisions unilatérales moins encadrées.
Des inquiétudes sur l’utilisation des licenciements économiques
Dans ce contexte, la STT estime que certaines entreprises pourraient recourir de manière abusive à la justification économique pour réduire leurs effectifs, sans contrôle suffisant sur la réalité des difficultés avancées.
Pour les syndicats, cette situation crée un déséquilibre dans la relation employeur–salarié, en affaiblissant les mécanismes de vérification et de régulation.
Un appel à réviser certaines dispositions du Code du travail
Face à ces préoccupations, la centrale syndicale appelle les autorités à rouvrir le dialogue social afin d’examiner les dispositions contestées du Code du travail de 2021.
L’objectif affiché est de renforcer les mécanismes de contrôle et de redonner à l’inspection du travail des moyens d’intervention plus effectifs dans l’évaluation des licenciements économiques.
Un débat plus large sur la protection des travailleurs
Au-delà de la controverse juridique, cette prise de position s’inscrit dans un débat plus large sur l’équilibre entre flexibilité économique et protection sociale.
Les organisations syndicales estiment que la régulation des licenciements constitue un enjeu central de stabilité sociale, dans un contexte où les restructurations d’entreprises restent sensibles pour l’emploi.
La Rédaction

