L’Université de Lomé franchit un cap dans sa stratégie de modernisation en rejoignant le réseau international 42 Network. Le déploiement officiel du programme, intervenu en fin de semaine dernière, s’est fait en marge de la visite au Togo du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Au-delà de l’annonce, l’initiative marque une inflexion dans la manière de concevoir la formation aux métiers du numérique dans le pays.
Un modèle pédagogique en rupture
Porté par la ministre de la Transformation numérique, Cina Lawson, le programme s’appuie sur un modèle atypique : pas de professeurs, pas de cours magistraux, mais un apprentissage fondé sur la pratique, la résolution de problèmes et la collaboration entre apprenants.
Inspiré du concept initialement lancé en 2013 en France par École 42, ce dispositif repose sur une logique d’autoformation structurée, où la progression se fait par projets et par niveaux, dans un environnement proche des réalités professionnelles.
Ce choix pédagogique n’est pas anodin. Il traduit une volonté de rompre avec les schémas académiques classiques pour s’aligner sur les exigences d’un secteur numérique en évolution rapide.
Former autrement pour répondre à la demande
Le campus ambitionne de former chaque année plusieurs centaines de jeunes aux compétences en programmation et en intelligence artificielle, aujourd’hui fortement recherchées sur le marché du travail.
Un accent particulier est mis sur l’inclusion : le programme est ouvert aux profils atypiques, y compris sans parcours universitaire traditionnel, et vise à renforcer la présence des femmes dans les métiers technologiques.
Cette approche répond à une problématique bien identifiée : le décalage entre les formations classiques et les besoins concrets des entreprises.
Un levier stratégique pour la transformation économique
Pour les autorités togolaises, l’intégration du modèle “42” s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire du numérique un moteur de croissance.
« Ce projet incarne notre ambition de faire du numérique un levier de transformation économique et sociale », a déclaré Cina Lawson, soulignant l’objectif de créer des opportunités concrètes pour la jeunesse.
Dans un contexte de compétition accrue pour les talents numériques, l’enjeu dépasse la seule formation : il s’agit aussi de positionner le Togo comme un hub régional de compétences.
Une coopération internationale structurante
Le projet bénéficie d’un appui international, notamment de la France, qui y voit un vecteur de renforcement des liens économiques et technologiques.
« La France est fière d’accompagner le Togo dans cette initiative ambitieuse », a affirmé Jean-Noël Barrot.
Sur le plan opérationnel, la mise en œuvre est assurée par le groupe Axian Group, à travers sa filiale Yas Togo, avec le soutien de partenaires européens.
Déjà présent dans plusieurs pays, notamment à Madagascar et au Maroc, le modèle “42” s’inscrit dans une dynamique continentale de montée en compétences numériques.
Un signal sur l’évolution du système éducatif
Au-delà de son impact immédiat, l’arrivée de ce programme à Lomé envoie un signal plus large : celui d’une transformation progressive du système de formation, appelée à intégrer davantage de flexibilité, de transversalité et de proximité avec le marché.
Reste à voir si ce modèle, fondé sur l’autonomie et l’engagement individuel, saura s’inscrire durablement dans le paysage éducatif togolais.
La Rédaction

