La police kényane a annoncé l’arrestation de Festus Omwamba, 33 ans, suspecté d’être l’acteur central d’un réseau qui aurait envoyé plus de 1 000 Kényans en Russie, où nombre d’entre eux ont été enrôlés de force dans l’armée russe. L’arrestation a eu lieu dans la ville-frontière de Moyale, à la frontière éthiopienne, et s’inscrit dans le cadre d’une enquête nationale sur la traite d’êtres humains.
Un réseau de recrutement présumé vaste et organisé
Festus Omwamba est le fondateur de l’agence Global Face Human Resources, qui aurait servi de point de transit pour de nombreuses victimes. Selon la Direction des enquêtes criminelles (DCI)kényane, il est considéré comme un acteur clé du réseau, en lien avec d’autres agents basés à Moscou. Actuellement en garde à vue, il fera prochainement face à la justice.
Le député kényan Kimani Ichung’wah, citant un rapport conjoint des services de renseignements et de la DCI, a décrit Omwamba comme le cerveau de cette opération au Kenya, orchestrant le transfert des recrues vers la Russie sous de fausses promesses d’emplois civils bien rémunérés.
Recrutements trompeurs et envoi sur le front
Plusieurs victimes ont raconté leur expérience : des Kényans sans formation militaire ont été envoyés en Russie pour des emplois civils, puis contraints de signer un contrat militaire. Envoyés sur le front en Ukraine après un entraînement minimal, beaucoup ont été tués ou blessés. Quatre survivants ont témoigné auprès de l’AFP : trois ont été blessés et un est rentré indemne, tous ayant été recrutés via Global Face Human Resources.
Les victimes dénoncent non seulement le rôle de Festus Omwamba, mais également celui de son collaborateur Edward Gituku, poursuivi pour trafic d’êtres humains mais actuellement libéré sous caution.
Réaction et contexte diplomatique
Face aux accusations, l’ambassade russe au Kenya a déclaré le 19 février que le gouvernement de Moscou n’était pas impliqué dans le recrutement illégal de citoyens kényans au sein de ses forces armées.
Cette affaire met en lumière les risques liés aux réseaux de traite transfrontalière et la nécessité pour les autorités kényanes de renforcer la surveillance et la prévention des pratiques de recrutement frauduleuses à l’international.
La Rédaction

