quel regard sur l’Afrique et les pratiques de surveillance émergentes ?
À l’ère du numérique, Londres est devenue la capitale européenne la plus surveillée, avec un maillage intense de caméras et un recours croissant aux technologies de reconnaissance faciale. Ce modèle soulève des questions majeures sur la sécurité, la vie privée et les libertés publiques. Face à cette omniprésence, comment les grandes villes africaines — et Lomé au Togo — se positionnent-elles sur la vidéosurveillance ?
Londres : une ville sous l’œil de Big Brother
À Londres, la surveillance n’est pas un concept abstrait mais une réalité tangible. Le réseau de caméras, estimé à plus de 500 000 appareils, couvre les gares, les centres commerciaux, les transports publics et les zones touristiques. La reconnaissance faciale, progressivement introduite, permet d’identifier des suspects et de prévenir certains incidents. Les autorités y voient un outil puissant pour réduire la criminalité et renforcer la sécurité publique, tandis que de nombreux citoyens et spécialistes dénoncent le risque d’atteintes à la vie privée et d’un contrôle social permanent.
Afrique : vidéosurveillance en expansion, approches contrastées
Sur le continent africain, la vidéosurveillance progresse, mais elle reste pour l’instant beaucoup plus ciblée et fragmentée qu’à Londres. À Johannesburg et au Cap, en Afrique du Sud, les caméras sont principalement installées dans les quartiers à forte criminalité et dans certains centres commerciaux, avec des expérimentations de reconnaissance faciale limitées. À Lagos et Abuja, au Nigeria, la surveillance se concentre sur les transports publics et les axes stratégiques pour réduire la criminalité et réguler le trafic. À Nairobi, au Kenya, les caméras sont visibles dans les marchés, les gares et les lieux publics importants, mais leur densité reste faible par rapport aux standards européens. D’autres villes, comme Dakar ou Abidjan, commencent à adopter des systèmes de vidéosurveillance pour sécuriser les zones touristiques et les infrastructures critiques, mais là encore, l’usage de la reconnaissance faciale reste très limité et encadré.
Lomé, au Togo, illustre un cas plus spécifique : la capitale commence à déployer des caméras à certains carrefours et zones sensibles, avec une attention particulière sur la sécurité routière et la prévention de la petite délinquance. Même si elle n’atteint pas la couverture massive de Londres, Lomé représente un exemple concret des premières étapes d’intégration des technologies de surveillance dans des villes africaines.
Comparatif : Londres vs Afrique
| Dimension | Londres | Afrique | Lomé / Togo |
| Densité de caméras | Très élevée (~500 000+) | Faible à moyenne, en progression | Limitée et ciblée |
| Reconnaissance faciale | Croissante | Expérimentale | Pas généralisée |
| Objectifs | Sécurité + prévention + police prédictive | Sécurité publique | Sécurité routière & zones sensibles |
| Débat public | Très intense | Émergent | Faible mais en discussion |
Londres illustre le modèle de la ville ultra-surveillée, où chaque mouvement peut être observé et analysé, générant à la fois sécurité et inquiétudes. En Afrique, la vidéosurveillance se développe progressivement, avec des approches variées selon les pays et les besoins locaux. Lomé et d’autres villes africaines montrent que l’adoption de ces technologies reste encore à un stade expérimental, centrée sur la sécurité publique et la régulation urbaine, mais elle prépare le terrain pour des systèmes plus intégrés à l’avenir.
La Rédaction

