Le nord-est du Kenya traverse une sécheresse sans précédent. Dans le comté de Mandera, situé le long des frontières avec l’Éthiopie et la Somalie, les pluies se font attendre depuis mai, plongeant les communautés pastorales dans une crise alimentaire et hydrique profonde.
Certains habitants sont désormais contraints de transporter les carcasses de leurs animaux dans des champs isolés pour les brûler, un spectacle qui illustre l’ampleur des pertes.
« Nos vies sont en grand danger. Nous avions des vaches et des chèvres qui constituaient notre moyen de subsistance, mais j’ai perdu environ 28 têtes de bétail au total », raconte Bishar Maalim Mohamed, éleveur local.
Le comté de Mandera est au bord d’un effondrement humanitaire. La majorité des habitants dépendent entièrement de l’élevage, et la mort progressive du bétail compromet leur survie quotidienne. « Ce dont nous avons besoin de toute urgence, c’est surtout de l’eau et de la nourriture pour le bétail, car il nous reste quelques animaux. Sans cela, dans un mois, nous n’aurons plus rien », avertit Hesbon Kayesi, commissaire adjoint du comté.
L’Autorité nationale de gestion de la sécheresse du Kenya a placé neuf comtés en état d’alerte, tandis que Mandera est en phase « d’alarme », à un cran de l’état d’urgence officiel. Plus de deux millions de personnes sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire croissante. Selon Adan Mustafa, coordinateur local de la Croix-Rouge kényane, « la distance parcourue par les camions-citernes a augmenté et les communautés ont perdu beaucoup de bétail, ce qui aura des répercussions à long terme sur leurs moyens de subsistance, car la majorité des habitants dépendent de l’élevage ».
Au-delà du Kenya, la sécheresse affecte également la Somalie et l’Éthiopie, où le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine estime que 20 à 25 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire humanitaire, dont plus de la moitié en raison du manque d’eau et de pâturages.
Les autorités locales et les organisations humanitaires appellent à une mobilisation rapide pour éviter une catastrophe majeure dans cette région déjà vulnérable.
La Rédaction

