L’Agence française de développement (AFD) accentue sa présence au Togo avec un portefeuille d’interventions dépassant 450 millions d’euros, destiné à moderniser les infrastructures essentielles et à dynamiser le tissu entrepreneurial. Cette enveloppe financière, dont 80 millions d’euros alloués en subventions non remboursables, témoigne d’une reconfiguration profonde des modalités de coopération entre Paris et Lomé.
Un portefeuille diversifié réparti sur 18 initiatives structurantes
Le dispositif de financement se décline en 18 programmes répartis géographiquement à travers l’ensemble des régions togolaises. Le mécanisme privilégié repose sur des prêts concessionnels d’environ 40 millions d’euros par cycle annuel, ciblant trois axes stratégiques identifiés comme priorités nationales : la gestion des ressources hydriques et l’assainissement, le développement agricole, et la transition énergétique. Ces interventions visent simultanément l’amélioration de l’accès universel aux services de base et la stimulation de la dynamique économique territoriale.
Les très petites et moyennes entreprises au cœur de la stratégie
L’AFD inaugure un volet inédit consacré au renforcement des capacités entrepreneuriales. Un montage financier de 34 millions d’euros, combinant 30 millions de prêts et 4 millions de dons, a été structuré pour permettre aux autorités togolaises de déployer un dispositif intégré d’accompagnement technique et financier destiné aux très petites et moyennes entreprises. Cette initiative ambitionne de catalyser l’innovation endogène et de créer un environnement favorable à la génération massive d’emplois qualifiés.
Du paradigme de l’aide au modèle partenarial
Benjamin Neumann, représentant de l’AFD au Togo, conceptualise cette évolution : « Le vocabulaire de l’assistance bilatérale appartient au passé. Nous avons dépassé le schéma vertical où les économies septentrionales transfèrent des ressources vers les économies méridionales. Le cadre actuel repose sur une architecture partenariale fondée sur l’investissement coopératif et la solidarité mutuelle. »
Cette doctrine s’inscrit dans la feuille de route définie par l’Élysée en concertation avec les chefs d’État africains, privilégiant une coopération équilibrée articulée autour de bénéfices réciproques et d’un développement soutenable sur le long terme. Elle traduit une transformation substantielle des relations franco-togolaises, matérialisant un engagement tangible en faveur du progrès économique, social et environnemental du pays.
Cette dynamique nouvelle positionne le Togo comme laboratoire d’une coopération repensée, où la notion de partenariat stratégique remplace progressivement les anciens modèles d’assistance au développement.
La Rédaction

