Abuja, Nigeria — Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) se sont réunis dimanche 14 décembre 2025 pour leur 68ᵉ sommet annuel, dans un contexte marqué par des crises politiques récentes au Bénin et en Guinée-Bissau, mais également par la persistance de menaces terroristes dans la région.
Le vice-président nigérian Kashim Shettima et le président sierra-léonais Julius Maada Bio ont ouvert les discussions, rappelant que la stabilité politique et la lutte contre le terrorisme restent des priorités absolues pour l’organisation régionale.
Tolérance zéro face aux putschs militaires
Le sommet a notamment été dominé par le coup d’État du mois dernier à Bissau et le putsch manqué du 7 décembre à Cotonou. Julius Maada Bio, président en exercice de la conférence des chefs d’État de la Cédéao, a souligné la nécessité de consolider une organisation qui, malgré le départ récent de trois de ses membres fondateurs (Mali, Niger, Burkina Faso), demeure un acteur clé de la stabilité ouest-africaine.
« Une plus grande intégration régionale ne pourra avoir lieu qu’en combattant frontalement le terrorisme et l’extrémisme violent », a-t-il déclaré, rappelant les efforts conjoints des ministres des Finances et de la Défense pour mettre en place une brigade antiterroriste de 1 650 hommes d’ici fin 2026, tout en conciliant sécurité, gouvernance, éducation et création d’emplois.
Dans ce contexte, les dirigeants ouest-africains ont unanimement réaffirmé leur opposition aux coups d’État militaires. Umar Alieu Turay, président de la commission de la Cédéao, a rappelé : « Nous savons tous que les coups d’État représentent un pas en arrière pour nos pays. Dans la Cédéao, il y a une tolérance zéro pour les changements anticonstitutionnels de gouvernement. La réactivité dont ses dirigeants ont fait preuve dans le cas du Bénin en est la confirmation. »
Guinée-Bissau : vers un retour à l’ordre constitutionnel
En application de ce principe, les chefs d’État ont rejeté le programme de transition proposé par la junte militaire bissau-guinéenne, réclamant un retour immédiat à l’ordre constitutionnel. Ils exigent une transition courte et inclusive, avec une représentation élargie des forces politiques du pays, ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques et membres de la société civile détenus depuis l’arrêt du processus électoral.
Bien que les sanctions n’aient pas été officiellement décidées, la Cédéao a laissé entendre qu’elle pourrait cibler toute personne entravant la mise en œuvre des mesures préconisées. Une mission de haut niveau se rendra prochainement à Bissau pour rencontrer les dirigeants de la junte.
Cap sur l’avenir : monnaie unique et opportunités régionales
Julius Maada Bio a insisté sur l’importance de transformer la Cédéao en un espace d’opportunités plutôt qu’en zone de crises. Dans cette perspective, il a rappelé le projet de lancement d’une monnaie unique pour 2027, avec le Sénégal en première ligne pour préparer cette transition, puisque son ressortissant prendra prochainement la présidence de la commission de l’organisation.
Selon Bio, la force du Sénégal réside dans sa capacité à dialoguer à la fois avec les chefs d’État de l’Afrique de l’Ouest et ceux de l’AES (Afrique de l’Ouest économique et sociale), offrant ainsi un rôle clé pour réduire les tensions régionales.
La Rédaction

