La Suède tourne une page majeure de sa diplomatie du développement. Stockholm a confirmé la suppression progressive de sa coopération bilatérale avec cinq pays, dont le Zimbabwe, le Mozambique, la Tanzanie, le Liberia et la Bolivie. Cette réorientation, qui s’achèvera d’ici août 2026, s’inscrit dans un changement global des priorités étrangères du pays, désormais axées sur la sécurité européenne et les enjeux géopolitiques post-Ukraine.
Un choix politique avant d’être économique
Fin de la neutralité, adhésion à l’OTAN aux côtés de la Finlande, modernisation des capacités militaires : la Suède recompose son positionnement mondial. L’aide bilatérale n’est pas abandonnée par défaut, mais réaffectée à la lumière d’une Europe redevenue zone stratégique de défense.
Stockholm insiste : cette décision ne sanctionne ni les gouvernements concernés, ni la conjoncture interne du Zimbabwe ou du Mozambique. Elle répond à une volonté de réduire et cibler les partenariats, en concentrant les budgets sur des zones définies comme prioritaires pour la sécurité nationale.
Zimbabwe : une fermeture d’ambassade, mais pas de rupture
La mesure aura son geste diplomatique le plus fort au Zimbabwe, où l’ambassade suédoise à Harare fermera après près de 45 ans de coopération.
Ouverte en 1980, elle fut un acteur central dans la gouvernance, la démocratie, l’exploitation minière, le climat et les libertés publiques. Si le chapitre bilatéral s’achève, Stockholm affirme vouloir maintenir des liens via le commerce, l’investissement et les programmes multilatéraux, notamment de l’UE et des Nations Unies.
Mozambique : l’ambassade reste, l’aide change d’échelle
À Maputo, la représentation diplomatique demeurera active, mais les financements directs diminueront. Depuis 1975, le Mozambique a bénéficié de près de 2 milliards de dollars d’appui suédois.
L’aide humanitaire sera maintenue, notamment pour la santé sexuelle et reproductive, l’enseignement supérieur, l’énergie, le climat et la consolidation de la paix. La Suède reste par ailleurs l’un des cinq premiers donateurs humanitaires du pays.
Un signal plus large pour l’Afrique
Après avoir réduit ses engagements au Mali et au Burkina Faso — désormais dominés par des juntes militaires proches de Moscou — Stockholm confirme que la coopération n’est plus seulement un outil de développement, mais aussi un bras stratégique.
La politique d’aide devient un instrument assumé de réalignement géopolitique, à un moment où l’Europe redéfinit ses vulnérabilités et ses alliances.
La Rédaction

