Dans certaines régions rurales du Tamil Nadu, au sud de l’Inde, un rituel ancien et illégal continue de survivre dans l’ombre : le thalaikoothal, une pratique de géronticide qui soulève effroi, incompréhension et malaise dans le pays.
Un rituel clandestin, transmis en silence
Le thalaikoothal consiste à provoquer la mort d’une personne âgée, généralement très pauvre et dépendante, sous couvert de tradition. L’acte est présenté par certains comme une “fin douce”, mais ses méthodes racontent une tout autre réalité.
Le rituel débute par un long bain à l’huile et un massage intensif qui épuisent la personne, avant qu’elle ne soit forcée de boire de grandes quantités d’eau de noix de coco verte. Ce liquide, très riche en potassium, provoque rapidement une insuffisance rénale aiguë, suivie de fièvre, convulsions, puis d’un affaiblissement fatal qui conduit souvent à la mort en 24 à 48 heures.
Certaines variantes, encore plus brutales, sont signalées : bains glacés prolongés, restriction alimentaire ou “thérapie au lait” administré jusqu’à l’étouffement.
À lire aussi : Le monde insolite : au Gabon, l’arbre qui saigne
Une pratique interdite… mais tolérée localement
Le géronticide est bien sûr strictement illégal en Inde, mais dans plusieurs villages isolés, cette tradition demeure tolérée, faute de dénonciations, de ressources policières et par une pression sociale forte.
Les familles évoquent souvent la pauvreté, l’impossibilité d’assumer des soins médicaux ou la peur de devenir une charge. D’autres s’abritent derrière une conception dévoyée du “rite de passage”, présenté comme une délivrance plutôt qu’un acte violent.
Plusieurs enquêtes journalistiques – notamment celles de The Week et Onmanorama – ont mis en lumière des centaines de cas suspectés chaque année, sans que des chiffres officiels n’existent, tant le phénomène est enfoui dans la clandestinité.
Une controverse nationale qui refuse de mourir
Le sujet revient régulièrement dans le débat public indien. ONG, médecins et associations de défense des personnes âgées militent pour des campagnes de sensibilisation et des dispositifs de protection sociale plus accessibles dans les zones rurales.
Pour l’instant, malgré quelques arrestations isolées, le thalaikoothal persiste, révélant les tensions profondes entre tradition, pauvreté extrême et absence de politiques publiques adaptées au vieillissement dans ces régions.
La Rédaction

