Récemment, à Lomé, experts, autorités locales et partenaires techniques du Togo et du Bénin se sont retrouvés pour trois jours d’échanges autour de l’Initiative régionale pour l’Eau et l’Environnement dans le Bassin Transfrontalier du Fleuve Mono (IREE-Mono). Cette rencontre vise à instaurer une gouvernance harmonisée et durable d’un fleuve vital, partagé entre les deux pays et au cœur de leurs ambitions économiques et environnementales.Un fleuve vital sous pressionS’étendant sur 530 km et irrigant un bassin de 24 300 km², le fleuve Mono alimente près de 4 millions d’habitants. Véritable artère de vie, il soutient l’agriculture, la pêche et la production énergétique. Mais le fleuve fait face à des pressions croissantes : dérèglements climatiques, pollution, érosion des sols et insécurité hydrique. Ces défis menacent directement la productivité agricole et la sécurité alimentaire de la région.Genre et inclusion : un enjeu stratégiqueLes travaux de Lomé ont validé trois instruments clés :• Un système de suivi-évaluation pour mesurer les progrès et identifier les axes d’amélioration• Un mécanisme de coordination pour harmoniser les initiatives transfrontalières• Une Stratégie Genre 2025-2030, intégrant pleinement la participation des femmes et des jeunesComme le souligne Yawo Ewoenam Zegue, Secrétaire général du ministère de l’Eau et de l’Assainissement :« L’intégration du genre n’est pas un simple ajout, mais une condition sine qua non de durabilité. »À lire aussi : Coopération transfrontalière. Togo et Union européenne s’unissent pour un bassin du Mono résilient.Cette approche vise à renforcer le rôle des femmes et des jeunes, acteurs centraux dans les secteurs de l’eau et de l’agriculture, pour un impact durable et équitable.Gestion et suivi : vers une efficacité renforcéePour Dadja Gnakpaou, directeur exécutif de l’Autorité du bassin du Mono (ABM), le suivi rigoureux permettra de capitaliser les bonnes pratiques, d’améliorer l’efficacité des actions et de combler les lacunes dans la gestion des ressources.« La connaissance précise du bassin et de ses potentialités est essentielle pour construire un développement résilient et durable », précise-t-il.Un projet ambitieux financé par le FEMLancé en janvier 2025 avec un budget de 5 millions de dollars sur 48 mois, le projet IREE-Mono bénéficie du financement du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). Au-delà de l’enjeu environnemental, il vise à :• Renforcer la coopération économique transfrontalière• Accroître la productivité agricole• Préserver les écosystèmes halieutiques• Soutenir la résilience des communautés ruralesLe Mono, levier de prospérité partagéePour le Togo et le Bénin, le fleuve Mono dépasse désormais le rôle de simple cours d’eau. Il devient un moteur stratégique de développement inclusif, un symbole de solidarité régionale et une promesse de prospérité durable pour les générations à venir.
La Rédaction

