Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cour pénale internationale (CPI) soulève des interrogations majeures sur le suivi des indemnisations et la justice pour les victimes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans la région.
Depuis la destruction des mausolées de Tombouctou en 2012 et les attaques de groupes djihadistes, la CPI avait initié des réparations collectives et individuelles pour les victimes, incluant la réalisation du mémorial Louha, l’aménagement de l’enceinte du cimetière Cheick Sidi El Moctar El Kounti, ainsi qu’un atelier de confection d’objets artisanaux dans le cadre de mesures économiques. Un suivi psychologique était également prévu pour accompagner les victimes. Ces activités devaient se poursuivre jusqu’en décembre prochain.
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Pourtant, le retrait du Mali de la CPI inquiète des acteurs locaux comme Mohamed Touré, de l’ONG CFOGrad Tombouctou, qui s’interrogent sur la continuité de ces mesures.
Selon le juriste Youssouf Diallo, ce départ crée « un vide juridique » au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), puisque ces pays n’auront plus accès à la juridiction internationale pour juger les crimes graves. Ce vide pourrait compromettre la protection des droits des victimes et la poursuite des réparations.
En réaction, le président en exercice de l’AES, le général Assimi Goita, a annoncé que les États membres s’appuieront désormais sur des « mécanismes endogènes » pour consolider la paix et la justice, sans en préciser les contours. Par ailleurs, la création de la Cour pénale et des droits humains du Sahel, dont le siège sera basé à Bamako, est prévue pour pallier cette absence de juridiction internationale et traiter les crimes commis dans la région.
Si cette initiative pourrait offrir une alternative régionale, beaucoup restent sceptiques quant à l’efficacité et à la rapidité de ce nouveau mécanisme face à des crimes complexes et anciens. La question des indemnisations pour les victimes des attaques de 2012 demeure donc en suspens, accentuant l’incertitude juridique dans la zone sahélienne.
La Rédaction

