Perdu au cœur du Sahara mauritanien, l’Œil de l’Afrique, ou structure de Richat, s’impose comme l’une des curiosités géologiques les plus saisissantes de la planète. Vu du ciel, ce cercle parfait de 45 kilomètres de diamètre ressemble à une cible dessinée dans le sable. Une énigme qui, depuis les premières missions spatiales, fascine autant les astronautes que les scientifiques.
Un cercle géant au milieu du désert
Située dans la région de l’Adrar, près de la ville d’Ouadane, la formation est si vaste qu’elle n’apparaît vraiment dans toute son ampleur qu’à partir de l’espace. Les équipages de la Station spatiale internationale en ont fait un repère visuel, immortalisant à de nombreuses reprises ses anneaux concentriques contrastant avec les dunes environnantes.

Une origine longtemps mal comprise
Découverte dans les années 1960 grâce aux images satellites, la structure de Richat a d’abord été interprétée comme le vestige d’un impact météoritique colossal. Mais les recherches ont rapidement infirmé cette hypothèse. Contrairement aux cratères connus, aucun quartz choqué ni cône de percussion n’a été retrouvé sur place.
Les géologues s’accordent désormais : l’Œil de l’Afrique est né d’un soulèvement géologique interne— un dôme rocheux —, progressivement érodé par le vent et l’eau, laissant apparaître des couches concentriques de grès, quartzites et roches volcaniques.

Un livre ouvert sur l’histoire de la Terre
Au centre de la structure se trouvent des roches parmi les plus anciennes du continent, tandis que les anneaux extérieurs révèlent des couches plus récentes. Des intrusions magmatiques, datées du Crétacé, témoignent d’une activité volcanique intense il y a plus de 100 millions d’années.
Les chercheurs considèrent ainsi Richat comme un laboratoire naturel : il offre en grand format l’histoire géologique d’une région, façonnée par le soulèvement, le magmatisme et l’érosion.
Entre science et légendes
Son aspect mystérieux a aussi nourri les mythes. Certains y voient une trace de l’Atlantide décrite par Platon, d’autres imaginent une marque laissée par une civilisation disparue. Mais pour les géologues, le verdict est clair : Richat est un chef-d’œuvre naturel de la dynamique terrestre.

Un patrimoine à préserver
Si l’Œil de l’Afrique attire de plus en plus de curieux et d’aventuriers, il reste difficile d’accès. Situé dans une zone désertique isolée, il nécessite l’accompagnement de guides locaux et un respect strict de l’environnement. Car derrière la fascination, se cache aussi une responsabilité : protéger ce monument minéral unique.
Un symbole du Sahara
À la fois repère pour les astronautes, objet d’étude pour les géologues et source de légendes pour les conteurs, l’Œil de l’Afrique incarne la force des paysages sahariens. Entre science et imaginaire, il rappelle que le désert garde encore jalousement certains de ses secrets.
La Rédaction
Sources :
• NASA Earth Observatory – The Eye of Sahara
• USGS – Images Landsat de la structure de Richat
• ESA – Imagerie satellite et études géologiques
• Matton & Jébrak (2014), Journal of African Earth Sciences

