L’ex-Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a été placé en garde à vue le 12 août 2025, dans le cadre d’une enquête sur sa gestion à la primature. Plusieurs de ses anciens collaborateurs, dont son ex-directeur de cabinet Issiaka Ahmadou Singaré, ainsi que trois anciens directeurs administratifs et financiers, sont également concernés.
Choguel Maïga avait été nommé Premier ministre en 2021 par la junte dirigée par le général Assimi Goïta, après le coup d’État qui avait renversé Ibrahim Boubacar Keïta en 2020. Il avait été limogé fin 2024, après avoir exprimé ses critiques sur la militarisation croissante de l’exécutif et sur l’absence de consultations pour le retour à un pouvoir civil, initialement prévu pour mars 2024. Il avait été remplacé par le général Abdoulaye Maïga, marquant un renforcement du contrôle militaire sur le gouvernement.
Le pôle économique et financier, tribunal chargé de juger les crimes économiques, mène l’enquête. Selon son avocat, Cheick Oumar Konaré, la garde à vue de Choguel Maïga et de ses collaborateurs fait suite à un rapport du vérificateur général de l’État, qui évoque des « atteintes aux biens publics ». Les personnes placées en garde à vue devraient être présentées devant le procureur de la Cour suprême dans les prochains jours.
Choguel Maïga reste une figure majeure du Mouvement du 5-Juin/Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), impliqué dans la contestation populaire de 2020 qui avait abouti à la chute de l’ex-président Keïta. En février 2025, il avait dénoncé la rupture définitive entre sa coalition politique et la junte, critiquant notamment les arrestations et détentions extrajudiciaires de membres du M5-RFP. Il avait également appelé les militaires à créer les conditions nécessaires pour l’organisation d’élections crédibles et apaisées, en impliquant toutes les forces politiques et sociales.
Cette nouvelle garde à vue intervient alors que la junte malienne procède également à l’arrestation de dizaines de militaires, dont deux généraux, soupçonnés de vouloir renverser les autorités en place. Le contexte reste marqué par la militarisation de l’exécutif et les violences jihadistes sur le territoire.
La Rédaction

