Une initiative de la société civile prévoyait un rassemblement en lien avec les événements de juin
La capitale togolaise devait accueillir ce 25 juillet 2025 une marche citoyenne pacifique, organisée par plusieurs acteurs de la société civile, dont l’organisation Novation Internationale. L’objectif : rendre hommage aux personnes décédées lors des manifestations interdites du mois de juin. Mais l’initiative a été formellement interdite par le ministère de l’Administration territoriale, dans une note officielle datée du 23 juillet.
Un parcours annoncé, un message apolitique
Selon les organisateurs, la marche devait débuter à 11 heures, au carrefour Bè-Kondjindji, passer par le boulevard Houphouët-Boigny, pour s’achever au Lavista Park, dans la zone lagunaire de Bè. La démarche se voulait silencieuse, sans slogans ni pancartes, et non affiliée à un parti politique.
« Il ne s’agit pas d’un mouvement revendicatif ou partisan. C’est un moment de recueillement, pour honorer la mémoire des personnes décédées en juin », a expliqué un porte-parole du collectif. Le mot d’ordre était clair : non-violence, sobriété, et respect de la légalité.
Une interdiction officielle justifiée par le contexte national
Le ministère en charge de l’Administration territoriale a opposé un refus à la tenue de la marche, invoquant notamment le contexte post-électoral et les risques pour l’ordre public. Dans le courrier adressé aux initiateurs, les autorités rappellent leur devoir de préserver la sécurité et la stabilité sur le territoire national.
Cette interdiction n’a pas manqué de susciter des réactions au sein de la société civile, où certains estiment que l’expression citoyenne, lorsqu’elle est pacifique et encadrée, devrait pouvoir s’exercer sans obstacle. Les organisateurs disent regretter cette décision, tout en affirmant qu’ils n’encourageront aucune désobéissance.
Une vigilance maintenue
À la veille de la date prévue, le dispositif sécuritaire semble renforcé dans certains quartiers de Lomé, notamment aux abords de Bè et de la lagune. Pour l’heure, aucun appel à un rassemblement spontané n’a été observé sur les canaux publics.
Les organisateurs, eux, réaffirment leur attachement à la paix sociale. « Nous continuerons à œuvrer pour la mémoire et la dignité des victimes, dans le respect du cadre républicain. »
La Rédaction

