Depuis le déclenchement du conflit au Soudan en avril 2023, l’Égypte fait face à une crise humanitaire sans précédent. Plus d’un million et demi de personnes ont franchi la frontière, cherchant refuge contre la guerre, la majorité venant du Soudan. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a franchi un seuil historique : un million de demandes d’asile enregistrées à ce jour sur le sol égyptien.
« L’Égypte est aujourd’hui le deuxième pays au monde pour le nombre de demandes d’asile, derrière les États-Unis », alerte Sebastian Herwi, responsable des relations extérieures du HCR au Caire. « Environ 74% des demandeurs sont Soudanais, mais on recense également des réfugiés d’Érythrée et du Soudan du Sud. »
Des moyens d’accueil à bout de souffle
Malgré la générosité de l’Égypte, les capacités d’accueil sont saturées. L’agence onusienne peine à faire face : seulement 32% des financements requis ont été obtenus en 2025. Résultat : les aides vitales sont ciblées en priorité, au détriment des services essentiels comme l’éducation.
« Jusqu’à 50 000 enfants risquent de quitter l’école cette année. Neuf familles sur dix doivent faire des choix impossibles : retirer leurs enfants de l’école ou sauter deux repas par jour », précise le HCR.
Une crise régionale d’ampleur
Fin 2024, plus de 14 millions de Soudanais étaient déplacés, dont près de 4 millions réfugiés dans les pays voisins comme le Tchad, le Soudan du Sud et l’Égypte. Cette crise migratoire est l’une des plus graves jamais enregistrées en Afrique depuis le génocide rwandais.
La Rédaction

