« Aucun conflit avec le Premier ministre », assure le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Face aux tensions perçues après les critiques publiques de son Premier ministre, Ousmane Sonko, sur la conduite des affaires de l’État, le chef de l’État sénégalais a clarifié les choses, appelant au calme et à la cohésion au sommet de l’exécutif.
Une mise au point très attendue
C’est à l’occasion de la présentation des conclusions du dialogue national sur le système politique, en présence de la société civile, que le président a pris la parole pour faire taire les spéculations.
« Certains pourraient penser que j’ai des divergences avec le Premier ministre. Non ! Comme Ousmane Sonko l’a dit lui-même, il est mon ami. On n’a aucun conflit », a-t-il déclaré, dans un ton ferme mais apaisé.
Ces propos, repris en boucle par les médias sénégalais, visent à désamorcer une polémique qui faisait les choux gras de la presse depuis les déclarations critiques d’Ousmane Sonko, jeudi dernier.
Réformes, justice, stabilité : une vision commune, malgré les nuances
Le Premier ministre avait notamment pointé la lenteur des réformes, en particulier sur la reddition des comptes et l’indépendance de la justice. En réponse, le président Diomaye Faye a recentré le débat :
« Il est certes important de réformer nos codes des investissements, des douanes, des impôts… Mais avant de parler de réforme, il faut d’abord la paix et la stabilité politique. »
Le chef de l’État a également reconnu la nécessité de « redresser » la justice pour éviter toute instrumentalisation politique — un écho mesuré à la sortie plus frontale de Sonko sur l’indépendance du système judiciaire.
Le Pastef joue l’unité
Dans les rangs du Pastef, les prises de parole se sont multipliées pour désamorcer les tensions supposées. Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a publié un communiqué fort en symbole, le 15 juillet, jour de l’anniversaire de Sonko :
« Rien, absolument rien, ne saurait briser le lien indéfectible qui unit le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Ensemble, ils portent les intérêts de la nation en bandoulière avec une détermination inébranlable à réformer et à réussir. »
Une stratégie de clarification assumée
En réaffirmant la priorité à la stabilité et en mettant en avant une relation personnelle forte avec Sonko, Bassirou Diomaye Faye joue la carte de l’apaisement. Une posture présidentielle qui cherche à rassurer à la fois l’opinion, les partenaires internationaux et les investisseurs potentiels.
Mais ces clarifications suffiront-elles à contenir les divergences de rythme et de méthode au sein de l’exécutif ? L’avenir proche dira si la complicité politique résistera aux exigences de la gouvernance et à la pression populaire.
La Rédaction

