L’ONUSIDA tire la sonnette d’alarme face à une menace de recul mondial dans la lutte contre le VIH. En 2025, la chute brutale des financements met en péril les progrès accomplis depuis plus d’une décennie. Pourtant, les chiffres étaient encourageants : entre 2010 et 2024, les nouvelles infections ont diminué de 40 % et les décès liés au SIDA de 56 %. Mais l’objectif d’ici 2030 – moins de 370 000 nouvelles infections par an – reste hors d’atteinte. Rien qu’en 2024, on comptait encore 1,3 million de nouvelles infections et 630 000 décès.
L’Afrique subsaharienne, qui concentre 60 % des cas mondiaux, reste particulièrement exposée, notamment à cause de la réduction des financements du PEPFAR, le programme phare des États-Unis. Les femmes et les filles paient un lourd tribut : elles représentent 45 % des nouvelles infections dans le monde, et 63 % sur le continent africain. Les populations marginalisées, elles, continuent d’être exclues des circuits de soins et de prévention.
Des solutions existent. Le lenacapavir, un médicament injectable efficace jusqu’à 100 % contre la transmission du VIH, offre une prévention semestrielle prometteuse. Mais son accessibilité dépend d’une coopération mondiale renforcée et d’un engagement financier soutenu.
En Afrique du Sud, pays le plus touché au monde avec 7,8 millions de personnes vivant avec le VIH, des progrès notables ont été réalisés : 94 % des malades connaissent leur statut, 83 % reçoivent un traitement. Pourtant, les jeunes et les hommes restent à l’écart des campagnes de prévention. La stigmatisation, toujours présente, et la pression budgétaire pourraient anéantir les acquis.
Face à cette situation, l’ONUSIDA appelle à une responsabilité partagée : relancer les financements, favoriser la production locale de traitements et revoir les modèles de soins pour atteindre enfin l’objectif d’élimination du SIDA d’ici 2030.
La Rédaction

