VIENNE – Dans un climat diplomatique toujours plus tendu, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a déclaré que ses inspecteurs devaient retourner en Iran pour réévaluer les capacités nucléaires du pays après les récentes frappes américaines.
Lors d’une conférence de presse tenue à Vienne, M. Grossi a reconnu que certaines infrastructures iraniennes ont survécu aux attaques, et que la reconstruction n’était « pas impossible ». Sans confirmer les évaluations suggérant que le programme nucléaire iranien ne serait que légèrement ralenti, il a néanmoins souligné que l’Iran possède les compétences pour reconstruire rapidementses capacités.
« C’est un travail que l’Iran sait faire. Cela prendra du temps, mais ce n’est pas hors de portée », a-t-il affirmé.
Alors que les tensions s’intensifient autour du programme nucléaire iranien, l’AIEA se positionne comme un acteur central de la surveillance technique et diplomatique. Pour Grossi, il est impératif que les inspections reprennent :
« Nous devons revenir. Nous devons nous engager », a-t-il insisté.
Téhéran prêt à rompre avec l’AIEA
Dans le même temps, le Parlement iranien a voté pour accélérer un projet de loi visant à suspendre la coopération avec l’AIEA. Cette décision, présentée comme une réponse directe aux frappes américaines, marque un tournant préoccupant pour la communauté internationale.
Le président du parlement, Mohammad Bagher Qalibaf, a vivement critiqué l’agence onusienne, l’accusant de passivité :
« L’AIEA a refusé de faire semblant de condamner l’attaque contre les installations nucléaires iraniennes. »
Face à la menace d’un retrait iranien du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), Rafael Grossi a mis en garde :
« Ce serait très regrettable. Nous travaillons pour la diplomatie, pour une solution durable. »
Des capacités toujours intactes ?
La question centrale demeure : les frappes américaines ont-elles réellement affaibli le programme nucléaire iranien ?
Pour l’instant, l’AIEA ne se prononce pas sur les rapports estimant que les attaques n’ont retardé le programme que de quelques mois. Seule une inspection approfondie sur place permettra de confirmer ou d’infirmer ces analyses.
En l’état, le programme nucléaire iranien reste opaque, et les déclarations de Téhéran comme celles de Washington s’opposent sur l’état réel des installations touchées.
Alors que les regards se tournent vers le Conseil de sécurité de l’ONU et les partenaires du Plan d’action global commun (JCPOA), l’agence de Vienne se retrouve dans une position charnière : entre pressions politiques et devoir de transparence technique.
La Rédaction

