Le système éducatif chinois fait aujourd’hui face à une nouvelle critique surprenante mais révélatrice : un nombre croissant de lycéens souffriraient de constipation chronique en raison d’un encadrement trop rigide de leur emploi du temps. L’information, relayée fin mai par plusieurs médias chinois, alerte sur une dérive de l’organisation scolaire dans certaines régions du pays.
Des journées minutées à la seconde près
Dans de nombreux lycées chinois, notamment dans les provinces de l’Est, l’ensemble de la journée des élèves est planifié avec une précision extrême. Le lever est fixé aux alentours de 5 h 50, et les activités scolaires s’enchaînent jusqu’à 21 h 50. Chaque moment de la journée — cours, repas, études, sommeil, déplacements — est contrôlé et intégré dans un emploi du temps strict, ne laissant aucune place à l’improvisation.
Des effets physiologiques préoccupants
Cette structuration rigoureuse exclut parfois les pauses nécessaires pour répondre à des besoins physiologiques élémentaires. En pratique, les élèves n’ont pas toujours la liberté de se rendre aux toilettes lorsqu’ils en ressentent le besoin. Ce fonctionnement, pensé pour maximiser le temps d’étude, a conduit à une multiplication des cas de troubles digestifs, notamment de constipation sévère chez les adolescents.
Plusieurs enquêtes locales, dont celle du journal cantonais Nanfang Zhoumo, ont mis en évidence cette problématique dans des établissements regroupant parfois plus de 10 000 élèves. Des témoignages d’enseignants et de médecins confirment un lien direct entre l’organisation horaire des écoles et les problèmes de santé constatés.
Une gestion rationalisée dénoncée
Des médias comme Xinjing Bao et des blogs influents sur les réseaux sociaux chinois pointent une perte de ce qu’ils appellent la “chaleur humaine” dans les écoles. Les élèves y seraient traités comme des unités productives, réduits à un fonctionnement mécanique, sans prise en compte de leurs besoins élémentaires.
Ces critiques s’ajoutent aux débats plus larges sur les pressions subies par les jeunes Chinois dans un système éducatif fondé sur la compétition, en particulier dans la perspective du gaokao, l’examen d’entrée à l’université. Certains commentateurs estiment que cette gestion extrême constitue une forme de maltraitance institutionnelle, mettant en danger la santé physique et psychologique des élèves.
Vers une prise de conscience ?
Si les autorités éducatives chinoises n’ont pas officiellement réagi à ces révélations, le débat suscité par les médias pourrait encourager une remise en question partielle de certains modèles de gestion scolaire. La question de la santé des élèves, longtemps négligée au nom de la performance académique, pourrait désormais s’imposer dans le débat public.
La Rédaction

