La suspension d’une interdiction controversée relance le bras de fer entre l’administration Trump et les universités américaines.
L’université d’Harvard a remporté une première manche judiciaire contre l’administration Trump. Jeudi, la juge fédérale Allison Burroughs a décidé de maintenir une ordonnance restrictive temporaire qui suspend — pour l’instant — l’interdiction d’inscrire des étudiants étrangers dans la prestigieuse institution.
Le 22 mai, le Département de la Sécurité intérieure avait brusquement révoqué la certification autorisant Harvard à accueillir des étudiants internationaux, une décision qualifiée d’« arbitraire » par de nombreux juristes. Dès le lendemain, l’université a saisi la justice. Le même jour, la juge Burroughs a exigé le rétablissement immédiat du statu quo, gelant les effets de la mesure présidentielle jusqu’à la tenue d’une audience.
Lors de l’audience du 29 mai, le ministère de la Justice a reconnu par écrit — via un avis transmis au tribunal — qu’Harvard disposerait d’un délai de 30 jours pour contester officiellement la décision. D’ici là, l’ordonnance de suspension reste en vigueur, en attendant une proposition conjointe des deux parties, après quoi la juge rendra une décision finale.
Harvard, cible répétée de l’administration Trump
Cette interdiction s’inscrit dans une série de pressions continues exercées par Donald Trump contre l’université de Boston depuis son retour à la Maison-Blanche. Déjà, des milliards de dollars de fonds fédéraux avaient été gelés après le refus de Harvard d’adopter certaines réformes structurelles exigées par le gouvernement.
Le président républicain a également menacé de retirer à l’université son statut d’exonération fiscale, tout en lançant plusieurs enquêtes fédérales. Mercredi encore, Donald Trump a exigé que la part d’étudiants étrangers à Harvard soit réduite à 15 %, et sommé l’institution de lui fournir une liste nominative de ces étudiants.
Un affrontement idéologique
Pour de nombreux observateurs, cette offensive dépasse la simple gestion migratoire : elle révèle un affrontement idéologique. Dans les cercles républicains, Harvard est souvent perçue comme le symbole d’une élite libérale déconnectée du pays réel. Trump, qui a fait du combat contre les institutions « woke » un pilier de son second mandat, entend ainsi remodeler l’enseignement supérieur américain.
Mais la justice pourrait ralentir, voire freiner, ce bras de fer. En attendant une décision définitive, les étudiants étrangers de Harvard peuvent encore espérer intégrer les bancs de l’université à la rentrée.
La Rédaction

