Salvador : le président Nayib Bukele refuse de renvoyer Kilmar Abrego Garcia aux États-Unis, malgré les injonctions répétées de l’administration Trump. Une affaire à la fois juridique et diplomatique, révélatrice des tensions croissantes entre Washington et son allié d’Amérique centrale.
Une “erreur administrative” aux conséquences explosives
Kilmar Abrego Garcia, résident du Maryland, a été expulsé à tort vers le Salvador et enfermé dans un centre de détention pour terroristes. Il n’a pourtant aucun casier judiciaire ni aux États-Unis, ni au Salvador. L’administration Trump reconnaît l’erreur, mais le mal est fait. La Cour suprême a ordonné de faciliter sa libération. Mais Bukele ne l’entend pas ainsi.
Bukele campe sur ses positions
Dans un échange tendu avec la presse au sein même du Bureau ovale, le président salvadorien a rejeté toute idée de rapatriement. « Vous voulez que je le fasse passer clandestinement ? », a-t-il ironisé, qualifiant la demande américaine d’« absurde ». Pour lui, Abrego Garcia est un « terroriste » et sa détention relève exclusivement de la souveraineté salvadorienne.
Pam Bondi, procureure générale américaine, a tenté de nuancer : « C’est au Salvador de décider. Nous sommes prêts à fournir un avion. » Mais cette ouverture reste théorique. Bukele ne cède pas.
Une coopération sécuritaire mise à l’épreuve
L’incident intervient alors que Trump salue le rôle de Bukele dans la lutte contre le crime organisé. Le président américain a même évoqué la possibilité, juridiquement risquée, d’envoyer des citoyens américains condamnés pour crimes violents dans des prisons au Salvador. « C’est moins cher », affirme-t-il, avec un zèle pragmatique.
Une déclaration qui fait bondir les constitutionnalistes. Selon la jurisprudence Valentine v. United States (1936), un président ne peut extrader un citoyen sans une loi votée par le Congrès.
Un partenaire devenu imprévisible
L’affaire Abrego Garcia souligne un paradoxe : Bukele, allié de Washington sur la sécurité, n’hésite pas à affirmer son indépendance, quitte à embarrasser la Maison-Blanche. Ce coup de force diplomatique, mené au nom de la souveraineté, pourrait marquer un tournant. Le Salvador, longtemps considéré comme un partenaire docile, impose désormais ses propres lignes rouges.
La Rédaction

