Récemment, une équipe de chercheurs a exhumé des archives fascinantes qui pourraient bien bouleverser notre vision des tueurs en série. Loin des figures célèbres du XIXᵉ et du XXᵉ siècle comme Jack l’Éventreur ou H. H. Holmes, c’est dans la Rome du XVIIᵉ siècle que se cache peut-être le premier tueur en série répertorié de l’Histoire.
Un mystère au cœur de la Rome papale
En 1635, Rome est le centre de la chrétienté, une ville peuplée d’environ 110 000 âmes où se croisent pèlerins, cardinaux et marginaux. Pourtant, derrière la splendeur de ses basiliques et de ses palais, un danger rôde dans l’ombre. En l’espace d’un mois, quatre prostituées sont retrouvées mortes, assassinées avec une violence qui glace le sang. L’affaire, inhabituelle dans une ville où le crime est souvent dicté par des vendettas, met en émoi la population et alerte les autorités.
Giovanni Battista Spada, le juge face à l’horreur
C’est au gouverneur de Rome, Giovanni Battista Spada, que revient la lourde tâche d’élucider ces meurtres. À la fois juge et chef de la police, il mène une enquête rigoureuse qui révèle des indices troublants : des modes opératoires similaires, une signature macabre, et surtout, l’absence de mobile apparent autre que le plaisir de tuer.
Là où l’on pourrait croire à une justice sommaire, les méthodes d’investigation se révèlent étonnamment modernes. Témoignages recoupés, analyse des scènes de crime, étude des blessures… Les gendarmes de l’époque utilisent des techniques qui préfigurent déjà la criminologie moderne.
Une avancée historique dans l’étude des tueurs en série
Jusqu’ici, l’Histoire a surtout retenu les tueurs en série des siècles suivants, notamment ceux qui ont marqué l’imaginaire collectif comme Jack l’Éventreur. Pourtant, cette enquête redonne à Rome du XVIIᵉ siècle une place inattendue dans l’évolution de la police criminelle.
Les archives mises au jour dressent un portrait saisissant de cette époque et témoignent d’un savoir-faire bien plus avancé qu’on ne le pensait. Ce tueur, dont l’identité reste encore à préciser, pourrait être le premier cas documenté de serial killer.
Alors que la criminologie moderne se targue d’être une science née au XXᵉ siècle, cette affaire montre que les bases de l’analyse des crimes en série existaient déjà il y a près de 400 ans. Un pan fascinant de l’Histoire qui nous rappelle que la noirceur humaine, elle, est intemporelle.
La Rédaction

