L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro pourrait être jugé pour avoir tenté de renverser le gouvernement après sa défaite aux élections de 2022. Une majorité de juges de la Cour suprême s’est prononcée en faveur de son procès, qui pourrait lui valoir plus de vingt ans de prison s’il est reconnu coupable.
Un procès aux enjeux majeurs
Mercredi, trois des cinq juges chargés d’examiner l’affaire ont voté en faveur du renvoi de Bolsonaro devant la justice. Le magistrat Alexandre de Moraes, qui supervise le dossier, a présenté des images des émeutes survenues en janvier 2023, lorsque des partisans de l’ancien président ont envahi les institutions du pays, une semaine après l’investiture de Luiz Inácio Lula da Silva.
Bolsonaro, ex-capitaine de l’armée et figure de l’extrême droite brésilienne, est accusé de cinq crimes, dont une tentative présumée d’abolition violente de l’État de droit et un coup d’État. Moraes affirme que l’ancien chef d’État a mené « un effort systématique » pour discréditer les machines de vote électronique utilisées au Brésil et ainsi saper la confiance dans le processus électoral.
Une manifestation qui tourne à l’échec
Avant l’ouverture des audiences, Bolsonaro a tenté de mobiliser ses partisans lors d’un rassemblement sur le front de mer de Rio de Janeiro. Mais l’événement, censé faire pression sur le Congrès pour une amnistie en faveur de l’ancien président et de ses alliés, n’a pas eu l’ampleur escomptée : seuls 20 000 à 30 000 sympathisants auraient répondu à l’appel, bien loin du million espéré.
Malgré sa défaite en 2022 et son inéligibilité jusqu’en 2030, Bolsonaro continue d’affirmer qu’il compte briguer un nouveau mandat présidentiel. Son avenir politique dépendra désormais de l’issue de son procès, qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire récente du Brésil.
La Rédaction

