L’opposition togolaise se lance dans un bras de fer avec le pouvoir. Elle appelle à une grande mobilisation le 23 mars pour rejeter la nouvelle Constitution, dénoncée comme un “coup d’État constitutionnel”. Mais l’équation reste entière : la rue répondra-t-elle à cet appel ou l’élan contestataire s’essoufflera-t-il une fois de plus ?
Une coalition rassemblée contre le régime
Face à un texte qui, selon elle, ne fait que renforcer le contrôle du pouvoir en place, l’opposition a décidé de serrer les rangs. Autour des figures historiques comme Jean-Pierre Fabre (ANC), Paul Dodji Apévon (FDR) et David Dosseh (Front citoyen Togo Debout), un nouvel acteur s’invite dans l’arène : la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), dirigée par Brigitte Johnson-Adjamagbo.
“Ce coup d’État constitutionnel est motivé par une seule chose : maintenir ce régime au pouvoir. Nous saluons cette nouvelle coalition et espérons qu’elle facilitera la convergence des acteurs engagés pour l’alternance”, a déclaré Adjamagbo.
L’opposition espère que cette union inédite insufflera un nouveau souffle à la contestation. Mais si les leaders sont déterminés, l’adhésion populaire, elle, reste incertaine.
Une mobilisation sous tension
L’appel à manifester le 23 mars est un véritable test. Après des années de luttes infructueuses et face à un régime bien rodé dans la gestion des crises, la population osera-t-elle braver la peur et descendre massivement dans la rue ?
Jean-Pierre Fabre, qui mène une intense campagne de mobilisation, sait que l’enjeu est crucial. Mais au-delà des discours, l’opposition devra prouver qu’elle peut encore mobiliser largement. Et surtout, elle devra composer avec une autre incertitude : le pouvoir laissera-t-il ce rassemblement se tenir ?
Le 23 mars marquera-t-il un tournant dans la contestation ou ne sera-t-il qu’un nouvel épisode d’une opposition qui peine à se faire entendre ? La réponse se jouera dans la rue.
La Rédaction

