Au Cameroun, les autorités ont procédé à la fermeture de plusieurs dizaines d’églises dites de réveil à Yaoundé. Cette mesure, qui vise à lutter contre les établissements religieux jugés illégaux et sources de nuisances sonores, suscite l’indignation des pasteurs concernés.
Une vague de fermetures qui choque les pasteurs
À Mimboman, un quartier du 4ᵉ arrondissement de Yaoundé, le révérend Didier Ahanda a vu son église scellée du jour au lendemain. « Je suis sorti et, à mon retour, j’ai trouvé l’église fermée. Les fidèles sont désormais chez eux, et moi aussi », confie-t-il, désemparé.
Comme lui, d’autres responsables religieux dénoncent une attaque injustifiée contre leur mission spirituelle. « L’État agit comme si l’église était responsable des problèmes du Cameroun », s’indigne un pasteur.
Des nuisances sonores pointées du doigt
Les autorités justifient cette opération par la nécessité d’encadrer un secteur devenu incontrôlable. De nombreuses églises fonctionnaient sans autorisation officielle, échappant à toute réglementation. Les plaintes des riverains concernant des nuisances sonores récurrentes ont accéléré la décision.
Cependant, Delors Ango, évêque de la Native Église Baptiste du Cameroun, conteste ces arguments : « Pourquoi les bars, qui font autant de bruit, ne sont-ils pas visés de la même manière ? Pourquoi un tel acharnement sur les églises ? »
Une mesure qui pourrait s’étendre
L’opération, initiée dans le 4ᵉ arrondissement, a déjà entraîné la fermeture de près de 300 églises. Certains craignent que cette campagne ne s’étende à d’autres quartiers, voire à d’autres villes du pays.
Entre volonté de régulation et accusations de répression religieuse, le débat est lancé.
La Rédaction

