La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) et le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) misent désormais sur l’art cinématographique pour renforcer la sensibilisation aux droits fondamentaux. Leur collaboration a donné naissance à Mikoko (« Élévation » en langue éwé/mina), un long-métrage porteur d’un message de résilience, de gouvernance responsable et de mobilisation citoyenne. Projeté à Lomé récemment, le film incite notamment les femmes à défendre activement leurs droits.
Une intrigue ancrée dans les réalités sociales
Réalisé par Angela Aquereburu Rabatel, actuelle directrice de la Société de Radio et de Télévision du Bénin, Mikoko dépeint le combat de commerçantes face à l’autoritarisme. Le personnage d’Apollinaire, maire d’une commune fictive, incarne les abus de pouvoir : soutenu par un ministre, il méprise les droits des femmes, y compris ceux de son épouse, et impose une décision controversée – remplacer le marché local, source de revenus pour des générations, par un complexe commercial. Cette mesure provoque la révolte des habitantes, qui s’unissent pour contester le pouvoir en place lors d’élections locales.
Un outil pédagogique pour les droits humains
Au-delà du divertissement, Mikoko s’inscrit dans un projet éducatif visant à vulgariser les valeurs démocratiques et les droits civiques. Porté par l’association Végon avec le financement de l’Union européenne, il permet à la CNDH et au CACIT d’enrichir leurs supports de sensibilisation.
« Le cinéma offre une porte d’entrée puissante pour toucher un large public, contrairement aux approches traditionnelles souvent moins accessibles », souligne Me Ohini Kwao Sanvee, président de la CNDH.
Le film aborde une pluralité de thématiques : droits civils et politiques, participation citoyenne, libertés syndicales, droits économiques et sociaux, ainsi que des enjeux spécifiques comme l’éducation et les droits des personnes handicapées. « Ces sujets sont habilement entrelacés dans le scénario, permettant une réflexion globale sur la justice sociale », précise Me Sanvee.
Une culture cinématographique engagée
Face au succès de cette initiative, la CNDH envisage de produire d’autres œuvres similaires. « L’art doit être un levier pour instaurer une culture des droits humains au Togo. Mikoko n’est qu’un premier pas », affirme le président de l’institution.
Cette stratégie innovante pourrait inspirer d’autres pays africains à exploiter le potentiel narratif du cinéma pour éveiller les consciences et stimuler le changement social.
Avec Mikoko, les droits humains trouvent ainsi une résonance nouvelle, transformant l’écran en tribune pour les sans-voix et en miroir des défis sociopolitiques contemporains.
La Rédaction

