La France a entamé la restitution progressive de ses installations militaires au Sénégal, marquant ainsi une nouvelle étape dans son retrait prévu d’ici fin 2025. Vendredi 7 mars, les quartiers Maréchal et Saint-Exupéry ont été officiellement remis aux autorités sénégalaises, selon un communiqué de l’ambassade de France à Dakar.
Un départ encadré par une commission conjointe
Paris et Dakar avaient mis en place une commission conjointe dès février pour organiser la transition. Cette instance, présidée par le Général Abdou Latif Kamara, a tenu sa première réunion le 28 février. À cette occasion, les modalités de restitution des différentes emprises militaires françaises ont été étudiées, ainsi que la refonte du partenariat en matière de défense et de sécurité.
Conséquences sociales : des licenciements prévus en juillet
Le retrait des Éléments français au Sénégal (EFS) s’accompagne de la suppression des emplois qu’ils généraient. Un courrier officiel prévoit ainsi le licenciement des 162 employés sénégalais des EFS à compter du 1er juillet 2025. Indirectement, cette fermeture affectera également plusieurs centaines d’autres travailleurs employés par des sous-traitants. Pour atténuer l’onde de choc sociale, un forum des métiers a été organisé à Dakar afin d’explorer des opportunités de reconversion pour les salariés concernés.
Un contexte de redéfinition des relations franco-africaines
Le Sénégal rejoint ainsi la liste des pays ayant mis fin à la présence militaire française, après le Mali, le Burkina Faso, la Centrafrique et plus récemment le Tchad et le Niger. Ces départs successifs s’inscrivent dans une dynamique de souverainisme grandissant en Afrique francophone, accentuée par des choix diplomatiques affirmés.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, élu sur un programme de rupture, a réitéré sa volonté d’affirmer l’indépendance totale du pays vis-à-vis des puissances étrangères. Dès son arrivée au pouvoir, il avait instruit son ministre des Forces armées d’élaborer une nouvelle doctrine de coopération en matière de défense, mettant ainsi un terme à toute présence militaire étrangère sur le sol sénégalais.
Vers une réorganisation de la présence militaire française en Afrique
Si la France réduit progressivement ses effectifs en Afrique de l’Ouest et centrale, certaines bases stratégiques restent en place. Djibouti, qui héberge 1 500 militaires français, demeure un point clé de projection pour Paris sur le continent. En Côte d’Ivoire et au Gabon, une redéfinition du format des forces françaises est également en cours.
L’évolution rapide du paysage militaire en Afrique francophone illustre un tournant historique dans les relations entre la France et ses anciennes colonies. Le Sénégal, en affirmant sa souveraineté, s’inscrit pleinement dans cette dynamique de réappropriation de son destin stratégique.
La Rédaction

