À quelques mois des élections présidentielles prévues pour octobre 2025 en Côte d’Ivoire, la question de l’ivoirité, vieille de plusieurs décennies, fait de nouveau surface. Après des semaines de critiques sur la nationalité de Tidjane Thiam, président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’avocat de ce dernier, Me Mathias Chichportich, a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie de “campagne de diffamation”. Selon lui, ces attaques, basées sur des “mensonges” et des “manœuvres”, visent uniquement à entraver l’ascension politique de son client.
La récente tentative en justice pour destituer Tidjane Thiam de la présidence du PDCI, sous prétexte qu’il ne remplirait pas les conditions de nationalité définies par les statuts du parti, n’a fait que renforcer cette polémique. Toutefois, les plaintes déposées par certains individus se réclamant du PDCI ont été abandonnées, l’avocat de Thiam soulignant que de telles actions “ne reposaient sur aucun fondement juridique solide”. “C’est un affront à la démocratie ivoirienne et à ses principes d’équité”, a ajouté Me Chichportich.
Cette question de la nationalité, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre dans le passé, ne date pas d’hier. Elle remonte notamment aux années 1990, lorsque l’actuel président Alassane Ouattara avait été écarté des scrutins sous des accusations similaires. Cette situation avait conduit à une révision constitutionnelle en 2016, qui précise désormais que les candidats à la présidence doivent être “exclusivement de nationalité ivoirienne, nés de père ou de mère ivoirien d’origine”. Malgré ces ajustements, l’ivoirité demeure un sujet récurrent, une épée de Damoclès qui plane toujours sur le processus électoral.
À mesure que les élections approchent, il semble que cette question continuera de diviser, avec des enjeux bien au-delà des simples polémiques. La nationalité, symbole de l’identité nationale, devient ainsi un terrain de bataille où s’affrontent ambitions personnelles et héritages politiques.
La Rédaction

