Alors que la mondialisation accentue les enjeux de mobilité, le Togo s’affirme comme un acteur clé en Afrique de l’Ouest. Selon le dernier classement Henley & Partners (2025), son passeport devient le deuxième plus avantageux de l’UEMOA, derrière celui du Bénin, avec un accès sans visa préalable à 61 pays. Une ascension qui témoigne d’une stratégie diplomatique renouvelée, mais aussi de défis persistants dans un contexte africain contrasté.
Un bond en avant stratégique
Le Togo gagne deux places au classement mondial (81ᵉ) et se hisse au 24ᵉ rang africain, dépassant des poids lourds comme l’Algérie ou le Nigeria. Cette progression s’inscrit dans une dynamique régionale où les États de l’UEMOA, bien que confrontés à des disparités économiques et sécuritaires, renforcent progressivement leurs accords de libre circulation. Le Bénin (74ᵉ mondial, 68 destinations) et le Burkina Faso (82ᵉ, 60 destinations) complètent ce trio de tête en Afrique de l’Ouest.
Une trajectoire en dents de scie
Derrière ce succès, le passeport togolais a connu un parcours chaotique. En 2006, il occupait la 62ᵉ place mondiale avant de chuter drastiquement à la 88ᵉ position en 2015, conséquence de crises politiques et économiques. La remontée amorcée depuis 2021 – de la 94ᵉ à la 81ᵉ place – illustre une volonté de normalisation des relations internationales et d’ouverture accrue.
Des destinations clés pour les Togolais
Parmi les 61 pays accessibles sans visa préalable, on retrouve des voisins régionaux comme le Ghana et la Côte d’Ivoire, mais aussi des hubs économiques asiatiques tels que Singapour et les Maldives, ainsi que des destinations prisées comme les Seychelles. Toutefois, cette liberté reste relative : 55 % des pays imposent encore un visa traditionnel aux Togolais, selon VisaIndex.com, et certaines destinations appliquent des restrictions spécifiques.
L’Afrique face aux inégalités de mobilité
Si le Togo progresse, le continent africain reste marqué par de fortes disparités. Les Seychelles (25ᵉ mondial, 156 destinations) et l’Île Maurice (29ᵉ, 151 destinations) dominent largement, tandis que des pays comme la Somalie ou la Libye peinent à offrir plus de 40 destinations accessibles à leurs citoyens. Ces écarts traduisent des réalités géopolitiques et économiques contrastées, influencées par les niveaux de stabilité, de développement et de diplomatie des États africains.
Un classement controversé ?
L’indice Henley & Partners, fondé sur les données de l’Association du transport aérien international (IATA), prend en compte les visas à l’arrivée et les autorisations électroniques (ETA). Bien que cet indicateur facilite les comparaisons, il masque parfois des réalités pratiques telles que les coûts élevés des visas à l’arrivée, les durées de séjour limitées ou les restrictions administratives imposées par certains pays.
Vers une nouvelle ère pour le passeport togolais ?
Le classement 2025 consacre les efforts du Togo pour renforcer son influence et sa connectivité internationale. Reste à savoir si cette dynamique se poursuivra dans un monde où les politiques migratoires tendent à se durcir. Pour les Togolais, cette avancée représente une ouverture sur le monde, un atout essentiel pour les échanges économiques et culturels.
La Rédaction

