Les États-Unis viennent d’inaugurer un nouveau chapitre dans l’histoire controversée de la base militaire de Guantanamo. Mardi 5 février, un premier vol transportant des migrants clandestins y a atterri, concrétisant ainsi l’une des mesures les plus radicales du président Donald Trump en matière d’immigration.
Un vol inaugural aux allures de signal politique
L’avion, transportant une douzaine de migrants considérés comme présentant un « grand danger », a été accueilli sur la célèbre base militaire située à Cuba. Un responsable du Pentagone, resté anonyme (probablement pour éviter les représailles du service communication), a précisé que ces nouveaux arrivants seraient placés dans le centre de rétention de Guantanamo et non dans la prison voisine, où restent encore incarcérés quinze détenus liés au terrorisme. Une nuance de taille, histoire de ne pas mélanger clandestinité et djihadisme…
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a confirmé sur Fox Business que d’autres vols du même type étaient en préparation. De son côté, le ministre de la Défense Pete Hegseth a vanté les mérites de ce choix logistique en qualifiant Guantanamo de « lieu idéal » pour retenir les migrants sans papiers. Idéal pour qui, la question reste ouverte.
Une vieille habitude remise au goût du jour
Si l’annonce a choqué, l’usage de Guantanamo comme centre de rétention pour migrants n’est pourtant pas une nouveauté. Le New York Times avait révélé l’an dernier que la base militaire avait déjà servi, par le passé, à incarcérer des migrants interceptés en mer. Simplement, cette fois, Trump veut passer à la vitesse supérieure en portant la capacité d’accueil à 30 000 personnes.
Bien évidemment, cette décision n’a pas manqué de faire réagir Cuba. Le président Miguel Diaz-Canel a dénoncé un « acte brutal » sur un territoire qu’il considère toujours comme « illégalement occupé ». Il faut dire que Guantanamo, enclave américaine sur la côte sud-est de l’île, traîne une réputation sulfureuse depuis son ouverture en 2002 sous l’administration Bush, notamment à cause des accusations de torture et des violations des droits humains qui l’entourent.
D’ailleurs, les présidents démocrates Barack Obama et Joe Biden avaient tous deux promis de fermer cette prison, sans jamais y parvenir. Donald Trump, lui, semble déterminé à la garder ouverte… et à lui trouver une nouvelle vocation. Après les terroristes présumés, place aux migrants indésirables.
Une mesure radicale, un symbole inquiétant
Avec ce premier vol, la stratégie migratoire de Donald Trump prend un tournant spectaculaire. En réactivant un lieu tristement célèbre et en l’intégrant à sa politique anti-immigration, il envoie un message clair : il n’y aura pas de demi-mesure. Pour les défenseurs des droits humains, cette décision marque un dangereux précédent, tandis que pour les partisans du président, elle incarne une réponse ferme aux flux migratoires.
Reste à voir si cette initiative tiendra dans la durée… ou si elle rejoindra la longue liste des controverses liées à Guantanamo.
La Rédaction

