Il avait coutume de dire :
« Si ce que je fais est mal, que Dieu me barre la route ; mais si ce que je fais est bien, qu’il me laisse poursuivre. »
En effet, Dieu le laissa poursuivre durablement, et il a tracé dans notre histoire des pages dont les unes demeurent lumineuses et dont les autres peuvent prêter à des interprétations qui se heurtent encore et suscitent des passions toujours vives. Il appartient aux historiens et aux chercheurs d’y projeter l’optique d’un certain recul nécessaire pour en établir les plus ou les moins d’une gigantesque œuvre dont les linéaments prépondèrent toujours dans l’esprit national.
Ici et maintenant, permettez que d’aucuns vissent les choses sous un autre angle : celui d’une certaine fascination assumée pour l’homme.
Le 5 février 2005, la terre de nos aïeux tremblait. Le souffle puissant de la mort la pénétrait pour y aspirer vers les cieux l’âme profonde de notre creuset national. Le Togo venait ainsi de perdre son guide, le général Gnassingbé Eyadéma, après un règne, à bien des égards lumineux, de 38 ans, et ce, marquant à jamais l’histoire du pays et du continent.
Vingt ans après, vingt plus tard, vingt ans de jours éplorés pour sa famille et ceux qui l’ont aimé, il est comme une divinité tutélaire, présidant célestement à la destinée de notre pays, comme un Génie protecteur de la cité.
Vingt ans après ! sa mémoire est toujours vivace dans le cœur majoritaire des Togolais, c’est-à-dire dans leurs dédicaces intimes. Même ses adversaires d’hier, qui parlent de lui avec un certain attendrissement visible, semblent parfois regretter cette avenance chez lui qui subvenait toujours à leurs besoins d’écoute et d’attention dans les moments où tout homme peut être affecté par les terribles aléas de la vie. C’était là la réalité de l’homme qui couvait sous le képi du général ; c’était tout simplement EYADEMA.
C’est donc avec un soulèvement d’émotion pure, qu’à l’occasion du 20eme anniversaire de son décès, notre pays tout entier, sur injonction tacite de l’histoire, s’honore de rendre un hommage d’apogée, c’est-à-dire le juste et digne hommage qui est dû à l’architecte de la nation, à l’homme qui a façonné le destin du pays au creuset de la fraternité et de la cohésion sociale, avec l’inouïsme d’une vision claire et un dévouement intemporellement inébranlable, fut-ce par-delà la mort !
Gnassingbé Eyadéma n’était pas simplement un dirigeant ; descendant d’une authentique souche paysanne, il était un véritable homme du peuple.
À travers son charisme et sa prédestination de meneur d’hommes, il a su allier autorité et humanité dans une proximité qui jamais ne rabaissait la fonction, et gouvernait avec une simplicité et une humilité qui frappaient tous ceux qui l’approchaient. Au-delà des décisions politiques, c’était un infatigable homme de terrain, toujours à l’écoute des Togolais, qu’ils soient dans les grandes agglomérations ou dans les recoins les plus reculés du pays. Son style de gouvernance, marqué par une profonde attention aux besoins des citoyens, faisait paternellement de lui un véritable bâtisseur de la nation, un patriarche proche de ses administrés ; un chef rassurant dans un monde incertain.
Son engagement était d’abord humain : écouter, comprendre, agir pour améliorer la vie de ses concitoyens. Ce lien intime avec la population a fait de lui un président aimé, respecté, et au-delà des débats politiques, un symbole d’unité et de stabilité. Il a incarné l’esprit d’un Togo qui, malgré les défis, a su se réinventer grâce à la détermination d’un homme qui pensait d’abord à son peuple avant tout et aux outils de sa prospérité. Mais ce qui le distinguait aussi, c’est sa capacité à anticiper les besoins d’une Afrique en mutation. Dans une région en constante évolution, il a su faire du Togo un modèle de stabilité et un acteur clé sur la scène internationale. Son influence a dépassé les frontières nationales, en particulier grâce à son rôle de médiateur et de stabilisateur régional.
Vingt ans après sa disparition, le Togo se souvient. Et l’hommage qui lui est rendu aujourd’hui n’est pas un simple souvenir ; c’est une célébration de l’impact indélébile de son œuvre sur le pays, une œuvre qui continue de vivre dans les actes de chaque Togolais.
À travers ces célébrations, le Togo se rappelle que Gnassingbé Eyadéma n’était pas simplement un chef d’État : il était l’âme de la nation, un homme visionnaire dont l’héritage demeure une source d’inspiration inépuisable pour les générations à venir. Vingt ans après, son nom est gravé dans le cœur des Togolais et dans l’histoire du pays qu’il a su diriger avec dignité et ambition.
Il demeure au-dessus du Togo comme l’ombre tutélaire de la main de Dieu. Paix à son âme, paix à jamais sur le Togo.
La Rédaction

