L’Égypte et la Somalie ont conclu un accord stratégique d’envergure, couvrant les domaines politique, économique et surtout militaire. Cette entente, officialisée le 23 janvier lors de la visite du président somalien Hassan Sheikh Mohamoud au Caire, vise principalement à renforcer la lutte contre le terrorisme en Somalie tout en consolidant l’influence égyptienne dans la Corne de l’Afrique.
Une présence militaire égyptienne en pleine expansion
Depuis août, Le Caire a déployé quelque 3 000 militaires en Somalie. Officiellement, ces troupes participent à la formation des forces somaliennes afin de renforcer la sécurité nationale et combattre les groupes terroristes. L’Égypte a également effectué trois livraisons d’armes légères à Mogadiscio.
Dès cette année, ces soldats seront intégrés à la Mission d’appui et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (ATMIS), marquant une nouvelle étape dans l’engagement égyptien. Le président Abdel Fattah al-Sissi a tenu à préciser que cette présence militaire ne visait aucun pays en particulier.
Un affrontement en coulisses avec l’Éthiopie
Au-delà de la coopération sécuritaire, cet accord s’inscrit dans un jeu d’influence régional où l’Égypte et l’Éthiopie s’opposent de plus en plus frontalement. Les tensions entre les deux pays ont été ravivées par la construction du Grand barrage de la Renaissance sur le Nil, une infrastructure stratégique pour Addis-Abeba mais perçue comme une menace par Le Caire.
L’Égypte voit également d’un très mauvais œil l’accord qui permettrait à l’Éthiopie d’accéder à la mer via la région autoproclamée du Somaliland. Ce rapprochement avec la Somalie s’inscrit donc dans une stratégie plus large de contrepoids à l’influence éthiopienne.
Ce partenariat avec Mogadiscio fait suite à un autre accord militaire signé en octobre entre l’Égypte et l’Érythrée, un voisin direct de l’Éthiopie. Une démonstration claire de la volonté du Caire de renforcer son empreinte dans la Corne de l’Afrique, dans un climat de plus en plus tendu.
La Rédaction

