À l’initiative de La France Insoumise, le bureau de l’Assemblée nationale a voté mercredi 20 novembre la transformation du groupe d’études à vocation internationale France-Palestine en « groupe d’amitié ». Une décision symbolique pour cet organe parlementaire d’échanges.
Le bureau de l’Assemblée nationale a acté mercredi la création d’un groupe d’amitié France-Palestine. Une décision à la portée hautement symbolique alors que la création d’un tel groupe requiert normalement la reconnaissance d’un État. Cette évolution était réclamée de longue date par la gauche, mais aussi au MoDem, groupe au sein duquel le député Richard Ramos s’était beaucoup mobilisé lors de la précédence tentative : « Ce groupe d’amitié, c’est simplement permettre à des députés français d’aller trouver des homologues députés palestiniens », explique Richard Ramos.
Cette initiative vient de la France Insoumise, de la gauche qui est devenue majoritaire au sein du bureau de l’Assemble, qui réunit autour de la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, les vice-présidents, questeurs et secrétaires de la chambre basse.
Sans surprise, cette différence de statut ravit La France Insoumise qui a fait de la défense de la population palestinienne dans la guerre au Proche-Orient l’un des axes majeurs de son discours. « Les groupes d’amitié en général sont constitués avec des États, rappelle le député Éric Coquerel. Donc cela veut dire que, d’une certaine manière, l’Assemblée reconnaît l’État de Palestine. Donc, il ne restera que la dernière étape qui sera la reconnaissance de la Palestine par l’État français et je pense qu’il faut continuer à pousser dans ce sens. », a-t-il affirmé.
‘’ Je pense qu’il était important vu le contexte géopolitique, vu le massacre que subissent les Palestiniens aujourd’hui et l’intensification de la colonisation en Cisjordanie, c’était important que ce groupe d’amitié puisse exister et qu’on ait donc deux groupes d’amitié côte à côte, France-Israël et France-Palestine qui travaillent sur le même niveau ensemble. ‘’, affirme la députée cologiste Sabrina Sebaihi.
Une demande du même type avait été formulée en mai, sans aboutir, car ces groupes d’amitié impliquent selon des critères définis en 1981 l’existence d’un Parlement dans l’Etat, de relations diplomatiques avec la France, et l’appartenance du pays considéré à l’ONU.
Avec ce groupe d’amitié, la gauche espère surtout en profiter pour mettre davantage sur le devant de la scène la cause palestinienne, en organisant des débats, des voyages officiels, en invitant des représentants palestiniens en France ou encore en menant des auditions. Le tout avec un objectif prioritaire de faire pression sur Emmanuel Macron pour obtenir, un jour donc, la reconnaissance par la France de l’État de Palestine.
La Rédaction

