Une institution historique face aux défis contemporains
Le Conseil de l’Entente, première organisation de coopération régionale en Afrique de l’Ouest, traverse actuellement une période charnière de son histoire. Réunis à Lomé, capitale du Togo, les représentants des cinq États membres ont engagé une réflexion profonde sur l’avenir de cette institution sexagénaire, dans un contexte régional particulièrement troublé.
Un héritage de coopération à préserver
Fondé en 1959, à l’aube des indépendances africaines, le Conseil de l’Entente demeure l’une des plus anciennes organisations de coopération du continent. Regroupant le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger et le Togo, cette institution a historically joué un rôle pionnier dans la promotion de l’intégration régionale ouest-africaine.
« Le Conseil de l’Entente a été un précurseur dans la construction d’une solidarité régionale effective », souligne Ali Idi, secrétaire exécutif adjoint de l’organisation. « Ses réalisations en matière d’infrastructures transfrontalières et de développement social ont posé les jalons de la coopération ouest-africaine telle que nous la connaissons aujourd’hui. »
Des défis multidimensionnels
La session de Lomé a mis en lumière l’ampleur des défis auxquels l’organisation doit faire face :
- Sécuritaire : La montée en puissance des groupes terroristes dans le Sahel menace directement plusieurs États membres
- Politique : Les récentes crises institutionnelles et les transitions politiques complexes fragilisent la stabilité régionale
- Climatique : Les bouleversements environnementaux impactent significativement les économies locales
- Institutionnel : Le départ du secrétaire exécutif Wautabouna Ouattara vers le FMI nécessite une transition managériale délicate
Une stratégie ambitieuse pour 2024-2028
Face à ces enjeux, le Conseil déploie un nouveau plan stratégique quinquennal articulé autour de quatre axes prioritaires :
Consolidation de la paix et de la sécurité
- Renforcement des mécanismes de prévention des conflits
- Coordination accrue des politiques sécuritaires
- Lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière
Renforcement de la solidarité régionale
- Mécanismes de soutien mutuel en cas de crise
- Programmes conjoints de développement
- Partage d’expertise et de bonnes pratiques
Modernisation institutionnelle
- Réforme des structures de gouvernance
- Digitalisation des processus
- Renforcement des capacités opérationnelles
Développement économique durable
- Promotion des énergies renouvelables
- Soutien à l’agriculture résiliente
- Développement des infrastructures vertes
Une transition managériale stratégique
Le départ de Wautabouna Ouattara pour le FMI marque un tournant important. « La nomination du prochain secrétaire exécutif sera déterminante pour la mise en œuvre de notre vision stratégique », affirme un haut responsable de l’organisation. Le processus de sélection, actuellement en cours, devrait privilégier un profil alliant expertise technique et vision politique.
Perspectives d’avenir
Sous la présidence de Faure Gnassingbé, le Conseil de l’Entente entend réaffirmer son rôle d’acteur majeur de l’intégration ouest-africaine. L’organisation mise sur sa capacité d’adaptation et son expérience historique pour relever les défis contemporains.
« Notre force réside dans notre capacité à nous réinventer tout en préservant l’esprit de solidarité qui a présidé à notre création », souligne Ali Idi. « Les défis actuels exigent des réponses innovantes, mais aussi un retour à nos valeurs fondamentales de coopération et d’entraide. »
Le succès de cette modernisation dépendra largement de la capacité du Conseil à mobiliser ses membres autour d’une vision commune et à attirer les financements nécessaires à la réalisation de ses ambitions. Dans un contexte régional marqué par l’émergence de nouveaux acteurs et de nouvelles dynamiques de coopération, le Conseil de l’Entente doit démontrer sa valeur ajoutée et sa pertinence renouvelée.
La Rédaction

